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 (oneshot) it's easier to forgive an enemy than to forgive a friend

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Neal Gallagher

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INSCRIPTION : 10/10/2014
AVATAR : tony goldwyn
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STATUT : widower who has recently discovered that he was dating a whore.

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Désirs: take care of the kids, call aiden and have lunch with lydia and her husband, maybe stop drowning his sorrow in expensive old scotch.
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MessageSujet: (oneshot) it's easier to forgive an enemy than to forgive a friend   Dim 11 Jan - 15:13

« Honey I’m home ! » lança joyeusement Billie en passant la porte du penthouse dans lequel elle avait quasiment élu résidence. N’entendant pas Neal répondre, elle fronça les sourcils. C’était une blague récurrente entre eux et elle commençait à dater un peu mais il riait encore à chaque fois. De plus, il était là, elle le savait. Son manteau était accroché à la patère et ses clés se trouvaient dans l’élégant vide-poches qu’ils avaient acheté ensemble, le mois dernier. « Baby, are you- » Elle se tut, s’immobilisant dans l’embrasure de la porte du salon dans le même temps. Confortablement installé sur l’un des sofas en cuir se trouvait Hemmings. Un grand sourire satisfait fendait son visage et un éclat rieur illuminait ses yeux porcins. Billie frissonna. Que diable faisait cet enfoiré ici ? Elle se tourna vers Neal qui lui faisait face, appuyé contre l’une des baies vitrées, un verre vide à la main. Le regard glacial qu’il lui lança était lourd de sens et elle comprit en un instant. Hemmings était venu cracher le morceau. « Eh bien je suppose qu’il est temps pour moi d’y aller ! fit-il, presque joyeusement, en se levant. C’est toujours un plaisir de discuter avec vous, Gallagher ! » Neal ne répondit pas, il ne bougea même pas, n’esquissa pas un geste pour raccompagner son invité, ce qui en disait long sur ce qu’ils s’étaient dit. Ou plutôt sur ce qu’Hemmings avait dit. Tremblante, Billie fit un pas en avant. « Don’t » l’arrêta Neal, d’un ton tranchant. La jeune femme recula, frappée par son attitude. Elle avait refusé d’imaginer que pareille situation arriverait un jour parce que sa réaction était trop douloureuse à envisager mais peut-être aurait-elle dû s’y préparer, ça aurait été moins difficile.

Neal traversa la pièce et d’une main agitée par la nervosité, il releva l’écran de son ordinateur portable. Une fois le mot de passe tapé, il le tourna vers elle. Une vidéo était affichée sur l’écran, en pause. Une vidéo d’elle. Sans rien dire, Neal pressa la barre d’espace. « ... non, il ne se doute de rien. Pour qui me prenez-vous ? ricana-t-elle, exactement comme elle l’avait fait dans le bureau d’Hemmings, quelques mois plus tôt. Je suis une professionnelle » Cette conversation, elle s’en souvenait comme si c’était hier mais pourtant, elle n’était plus la femme de la vidéo. Elle avait laissé ses sentiments pour Neal l’adoucir, la détourner de ce contrat honteux dont Hemmings était le souscripteur.

Incapable d’écouter une nouvelle fois le récit de leur parfaite petite vie dépeint si cliniquement par une voix qu’il connaissait par coeur, Neal referma l’ordinateur et leva les yeux vers elle. Il avait été surpris de la visite d’Hemmings et dans un premier temps, il avait eu du mal à saisir. C’était inouï. Au début, il avait pensé à une mauvaise blague, à une tentative d’intimidation. Hemmings n’était absolument pas un ami ni un collaborateur. Ils avaient été publié pour la première fois à peu près en même temps mais n’avaient malheureusement pas rencontré le même succès. C’était la jalousie, avait expliqué Hemmings, qui avait motivé sa petite entreprise et l’arrivée de Billie dans sa vie. Neal n’avait pas pu y croire. Puis il avait vu la vidéo et il n’avait plus eu le choix. La femme qui partageait sa vie depuis bientôt trois mois avait été engagée, payée pour sauter dans son lit. Qu’elle se soit fait une place dans son coeur n’était que du bonus pour elle, avait déduit Neal. Peu importe. Elle devait disparaître. « Je veux que tu t’en ailles » articula-t-il, aussi calmement que possible. Ce n’était, en vérité, pas bien difficile. Choqué, il avait encore du mal à saisir ce qui lui arrivait et la voir là, les yeux brillants de larmes, frémissante, silencieuse, n’aidait pas. Ça semblait tellement irréel qu’il ne ressentait rien, rien si ce n’est un grand vide, presque un manque. Le poids de la fureur sensée l’agiter, probablement. « Baby, I can explain, je suis- » C’était les mots à ne pas prononcer, elle s’en rendit compte immédiatement et se tut tandis qu’il dardait sur elle un regard noir. En un clin d’oeil, son coeur se mit à cogner dans sa poitrine et sa gorge, si serrée jusque-là, se libéra pour laisser entrer la colère. « Expliquer quoi ? EXPLIQUER QUOI ? » hurla-t-il dans sa direction avant de franchir la distance qui les séparait en quelques enjambées. Elle leva les mains vers lui, comme si elle avait l’intention de l’embrasser, en une tentative dérisoire pour l’attendrir. « Don’t you dare » Sa voix avait claqué, sèche. « Je suis désolée, tellement, tellement désolée, Neal je… je ne voulais, je ne pensais pas tomber amoureuse de toi, je- » Il éclata d’un rire mauvais, sans joie. « Je me fous de tes excuses. Je veux que tu t’en ailles, répéta-t-il, prends tes affaires et dégage avant que je n’appelle la police. Tu me dégoûtes » Elle sursauta et recula, comme s’il l’avait giflée. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait en cet instant précis mais Neal n’aurait jamais porté la main sur elle. Il n’avait jamais cru en la violence, il n’allait pas commencer maintenant et elle ne méritait pas qu’il fasse une nouvelle entorse à ses principes. A son âge, laisser une petite… une petite poule lui briser le coeur, damn it’d be funny if he wasn’t so miserable. « Neal, je t’en prie » supplia-t-elle, les joues inondées par les larmes. Il la regarda, sans ressentir une once de pitié ou de compassion, l’enregistrement résonnant encore dans ses oreilles, dansant encore devant ses yeux. Hemmings avait dit en avoir d’autres qu’il était prêt à lui communiquer s’il le désirait. Neal avait refusé, très poliment. Il lui aurait volontiers cassé la gueule mais lui non plus n’en valait pas la peine. « Vous avez dû beaucoup rire tous les deux, reprit-il, amer, quand je pense que je t’ai présenté à ma famille, à mes enfants… que je t’ai laissé seule avec Daniel plus d’une fois. J’imagine que je devrais m’estimer que ce soit une pute qu’Hemmings ait envoyé et pas un assassin » ironisa-t-il avec un sourire faux. Le frisson qui la parcourut ne lui échappa pas mais il était hors de question qu’il se laisse avoir par ses yeux humides et sa voix larmoyante.

Immobile, Billie avait du mal à réaliser que l’homme dont elle était amoureuse, l’homme qui ce matin encore avait chuchoté contre sa hanche combien il l’aimait, Billie avait du mal à réaliser que cet homme-là la dévisageait avec horreur. Hébétée, elle comprit toutefois que la seule personne qu’il blâmait, c’était elle et seulement elle. Pas Hemmings, non. Elle, seulement elle. Elle qui n’était que l’instrument de la vengeance d’un écrivain raté, d’un sale type qui n’arrivait même pas à la cheville de Neal, artistiquement comme humainement. Elle n’était peut-être qu’une pute, comme il l’avait si vulgairement fait remarquer, mais elle n’était pas idiote. Elle avait lu le dernier ouvrage d’Hemmings avant de dévorer celui de Neal et elle avait compris aisément pourquoi et comment surtout le premier pouvait détester le second au point de vouloir lui nuire. C’était lui et lui seul le responsable de tout ça. « Je ne voulais pas, commença-t-elle d’une voix tremblante puis plus forte, pour couvrir la sienne alors qu’il lui demandait de se taire, je ne voulais pas continuer, JE NE VOULAIS PAS ! Pas après que tu m’aies présenté tes enfants, ta famille, pas après que ton neveu ait compris, je ne voulais pas, tu comprends, je ne voulais pas » Elle sanglotait comme une gamine romantique dont on a brisé le coeur, elle sanglotait comme une petite fille perdue, à grosses larmes, tremblant de tous ses membres. Elle sanglotait sans pouvoir s’arrêter et sa voix se faisait plus hachée, plus saccadée mais il fallait qu’il entende ce qu’elle avait à dire. « Je voulais arrêter, je voulais sortir de ta vie mais tu… tu… je suis tombée amoureuse de toi et je… je ne voulais pas Neal, je ne voulais vraiment pas te faire de mal » Elle leva les yeux vers lui, attendant désespérément une réaction, n’importe laquelle. Elle savait très bien qu’il ne la réconforterait pas, que c’était terminé mais idiote qu’elle était, elle ne parvenait pas à s’empêcher d’espérer quand même. « Aiden est au courant » murmura-t-il. C’était là tout ce qu’il avait retenu. Bille eut presque l’impression d’entendre son coeur se séparer en deux et ses sanglots redoublèrent d’intensité.

Ainsi Aiden était au courant. De quoi, Neal n’en était pas certain et il faudrait qu’il ait une conversation avec son neveu mais il le connaissait assez pour savoir qu’il s’était tu pour une bonne raison. Ce n’était pas la question pour le moment. « Neal... » Sa voix, bande sonore d’un grand nombre de ses rêves et de ses fantasmes, n’était rien de plus qu’un murmure rauque, qu’une supplique écoeurante. « Je veux que tu t’en ailles, fit-il, pour la troisième fois, tu n’as plus rien à faire ici et je suis certain que tu as une foule de clients à satisfaire avant la fin de la journée » Il se détourna, refusant de souffrir plus longtemps la vue de ses larmes ou de ses épaules secouées par les sanglots. Une part de lui, une infime part de lui avait envie de lui tendre une main, de l’attirer à lui et de la réconforter. Cette part de lui, la meilleure partie de son âme sans doute, voulait faire taire ses pleurs, la rassurer, lui pardonner même peut-être. Mais le reste de son être, obsédé par l’idée qu’elle n’était pas plus à lui qu’elle n’avait été aux hommes qui l’avaient payée jusqu’alors, incapable d’effacer de sa mémoire le son de son rire lorsqu’elle assurait à Hemmings que tout irait pour le mieux, cette partie-là ne désirait rien de plus que la voir souffrir. Il ne fallait pas, il ne devait pas se laisser aller à ça. Il fallait qu’elle s’en aille.

Lorsqu’elle réalisa qu’il ne lui adresserait plus un mot, peu importe la ferveur avec laquelle elle suppliait, Billie gagna d’un pas lourd la chambre qu’elle avait commencé à considérer sienne. Le sac de voyage dans lequel elle avait transporté ses affaires était encore là, à côté de l’immense armoire qu’ils utilisaient tous les deux. Mécaniquement, elle le remplit, vidant son tiroir à lingerie et arrachant ses robes des cintres sur lesquels elles reposaient. Sans prêter attention à ce qu’elle faisait, elle referma le sac d’un coup sec, ne réalisant pas que sa robe préférée, la petite rouge qu’il lui avait offert au début de leur relation, s’était prise dans la fermeture. Peu importait.

Les joues brûlantes, la bouche sèche, elle retourna au salon et le trouva dans la même position qu’à son arrivée, contre la baie vitrée, son verre à la main. Ce dernier était, cette fois, plein d’un whisky qu’elle savait excellent. « I love you » laissa-t-elle échapper en croisant son regard métallique. Un rictus moqueur lui tordit le visage et une nouvelle fois, le coeur de Billie sembla se briser. Sans plus un mot, elle quitta l’appartement, refermant une porte qui semblait bien lourde à présent.


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