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 honey i'm home w/ jace

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Emma Montgomery
✰ CAPABLE OF BEING TERRIBLE
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INSCRIPTION : 27/12/2014
AVATAR : chloe cutie pie bennet
DOUBLE COMPTE : neal gallagher, l'écrivain qui se tape des p'tites jeunes.
PSEUDO : julia ~ scarlett glasses
STATUT : married to a stupid bartender who happens not to only be a bartender. vegas makes people make stupid mistakes.

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Désirs: call adam and tell him about jace grant (do the same with mom and dad, oh the joy), hang out with the girls, work on the next month shooting for vogue, stop spending so much time on the internet, woman up and watch the game of thrones finale, stop drooling over jace's ass.
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MessageSujet: honey i'm home w/ jace   Lun 12 Jan - 12:35

Cinq minutes, juste cinq minutes de répit. Sofia, l’une des nombreuses stagiaires — un vrai régiment, elles auraient pu former deux équipes d’aviron et créer leur propre Boat Race sur l’Hudson — lui avait promis qu’elle la réveillerait. La sale petite garce ne l’avait évidemment pas prévenu que le chef traînait dans les parages. « Qu’est-ce que vous faîtes ? » répéta-t-il — il l’avait réveillée la première fois — d’un ton impérieux. Comme si ça n’était pas évident. Il l’avait surprise affalée sur son bureau, la tête enfouie entre ses bras. Quoi, il voulait un dessin peut-être ? Emma se retint de le lui demander. Elle pouvait perdre son job avec pareille réaction et même si elle détestait ce type, mieux valait la fermer. « Je suis désolée… monsieur » ajouta-t-elle précipitamment, connaissant son goût pour le cirage de pompes. Elle n’irait pas jusque-là, pas aujourd’hui, pas alors qu’il leur avait demandé, à elle ainsi qu’au reste de l’équipe, de venir travailler un 1er Janvier. D’ordinaire, elle faisait des efforts mais là non, certainement pas. Après avoir quitté très vite l’appartement de Jace — aussi agréable que la vie pouvait y être, elle s’appliquait à ne pas oublier que non, ce n’était pas chez elle — elle avait échoué chez Sam, l’une des rédactrices du magazine avec laquelle elle avait sympathisé, ce qui n’était évident pas prévu. La fête, pas le rapprochement avec Sam évidemment. Emma n’avait ni idée, ni plan pour ce Nouvel An et c’était la colère plus que l’envie de voir du monde qui l’avait fait sortir de chez el- de chez Jace. Il avait encore une fois joué les gros cons, une habitude qui était en passe de devenir une vraie discipline sportive chez lui. Du moins c’est ce qu’elle supposait, ses souvenirs étaient encore un peu flous. Toujours est-il qu’elle s’était retrouvée au petit matin chez Sam, sans fringues de rechange ni son kit de survie post-cuite — une simple bouteille de Gatorade et un fruit, remède miracle qu’elle avait perfectionné au fil des années depuis ses années lycée — et qu’elle avait dû venir jusque-là pour les beaux yeux de son boss qui était arrivé une bonne heure après tout le monde. Leur boulot s’était résumé à archiver quelques photos, à répondre à deux mails et à planifier la réunion de préparation du prochain numéro. Oui, parfaitement, ils avaient préparé la préparation, dumbest thing ever. Emma n’avait rien dit, attendant impatiemment sa pause pour aller piquer un somme. Malgré le fait qu’ils n’avaient pour ainsi dire rien à foutre là, il était fort probable que personne ne partirait avant la fin de l’après-midi et une petite sieste avait paru la solution idéale pour tenir encore un peu. Elle aurait pu, effectivement, grapiller quelques minutes d’un sommeil certes peu réparateur mais ardemment désiré, si seulement on ne lui avait pas assigné un chacal en guise de stagiaire. Cette Sofia qui paraissait à peine sortie du bac à sable s’imaginait qu’elle gravirait les échelons en la discréditant, elle, Emma, qui ne lui avait jamais rien fait. Not cool, really. Elle voulait seulement dormir, bon sang mais elle passait maintenant pour l’irresponsable du coin qui n’avait pas été capable de dormir suffisamment alors qu’elle savait qu’elle devait venir bosser le lendemain. Argh. « Rentrez chez vous » Uh ? Sa surprise devait se lire sur son visage car il soupira avant de répéter les trois mots les plus merveilleux qu’elle ait jamais entendu. Pour un peu, elle l’aurait presque embrassé. « Merci, merci, merci, vous êtes un ange ! Bonne année ! » lança-t-elle par-dessus son épaule, se hâtant vers les ascenseurs dans un sursaut d’énergie. Vite, le métro puis sa chambre. Oh, comme elle aurait aimé dormir dans son lit la nuit dernière. Le canapé sur lequel elle avait échoué n’était pas spécialement inconfortable mais le type avec lequel elle avait dû le partager avait gigoté une bonne partie de la nuit et force était de croire qu’il avait vu en ce baiser échangé à minuit bien plus que ce qu’elle était prête à lui offrir. Ce n’était qu’une tradition ridicule et de toute manière, il y avait quelque chose qui n’allait pas chez ce type. Il n’était pas assez grand. Ou peut-être son sourire était-il un peu trop large. A moins que ce ne soit ses yeux. Elle n’avait pas réussi à mettre le doigt dessus en étant ivre, ce qui n’était pas étonnant, mais ceci dit, sobre non plus. Enfin, sobre, c’était un peu bien grand mot.

Le trajet jusqu’à chez Jace lui avait semblé durer des heures et l’odeur, encore plus désagréable que d’habitude. Emma n’avait jamais été une grande adepte des transports en commun et New York était en train de l’en dégoûter profondément. Mais elle n’avait pas vraiment le choix. C’était le métro ou la marche à pieds et son amour pour les escarpins lui interdisait de s’infliger ça. Par chance, elle n’eut d’ailleurs pas longtemps à attendre pour voir s’ouvrir les portes de l’ascenseur de l’immeuble de Jace — l’appartement de Jace, l’immeuble de Jace, son environnement pendant encore une dizaine de mois. Elle s’engouffra à l’intérieur de la cabine, écrasa le bouton de leur étage et s’affala presque contre l’une des parois, se laissant bercer par cette curieuse sensation d’aspiration que procurait la montée. L’étage arriva presque trop vite mais la jeune femme ne perdit pas de temps. Aurait-elle été correctement chaussée qu’elle aurait très certainement couru mais c’est en grimaçant qu’elle parvint à la porte. Si sa tête lui faisait mal, ce n’était rien à côté de ses pieds. Il faut souffrir pour être belle, lui dirait sa vieille tante Betsy si elle était là. Devoir avancer dans la paire de chaussures qu’elle avait porté la veille n’était plus de la souffrance mais presque de la torture et c’est avec un profond soupir de soulagement qu’elle les enleva, une fois la porte refermée derrière elle. Son trousseau de clés dans une main, ses escarpins dans l’autre, Emma ferma les yeux une seconde ou deux, profitant du simple bonheur d’avoir les pieds à plat sur un sol frais. Puis elle jeta un oeil à sa montre. Il était encore tôt, Jace était à coup sûr dans le coin. Peut-être même dormait-il encore. Elle ouvrit la bouche avant de se raviser. Et si il était sorti, lui aussi ? S’il avait ramené quelqu’un ? Elle se figea. Non. Il n’aurait pas osé. « Jaaaaaaace » appela-t-elle en lâchant dans le même temps sac à main et escarpins. A priori, il n’était pas sous la douche ni dans la cuisine, apprit-elle après avoir vérifié. Et s’il était sorti mais qu’il n’était pas rentré ? Emma se crispa, serrant son grand verre de jus d'orange un peu plus fort que nécessaire, sans pouvoir expliquer pourquoi. Enfin, si, elle savait pourquoi mais plutôt crever que de reconnaître que l’idée qu’il ait passé Nouvel An avec une autre fille était désagréable. Bloody Yankee. Où était-il passé ? « JACE ! » cria-t-elle à nouveau depuis la cuisine. Elle ne rêvait que de retrouver son lit après cette soirée mouvementée mais il y avait fort à parier qu'elle n'arriverait pas à fermer l’œil si elle ne savait pas où il était.

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Dernière édition par Emma Montgomery le Mer 14 Jan - 0:04, édité 1 fois
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Jace Grant

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Mar 13 Jan - 14:31


Offer me that deathless death
Good God, let me give you my life


Il n’a à peu près aucun souvenir de la veille. Ce qui n’est pas une rareté pour le réveillon de Nouvel An, quand on y pense, mais il se réveille dans un lit qui ne connaît que trop bien, le nez pressé contre l’oreiller et avec un cruel manque de présence féminine à ses côtés et… Ouais, il s’agit sans doute du Nouvel An le plus pourri qu’il n’ait jamais eu, si le peu de souvenirs qu’il a de la veille concordent avec le reste de la soirée. Ouvrant difficilement un œil, il regarde le radioréveil sur la table de chevet d’Emma (préfère ne pas s’éterniser sur le pourquoi du comment pour avoir fini dans son lit – sans elle, évidemment) qui affiche un morne 9:04. Hors de question de se lever aussi tôt, surtout avec le mal de crâne qu’il se tape (a-t-il bu tant que cela ? putain, aucun souvenir) alors il chope le second oreiller et l’abat sur sa tête avec un grognement, bien décidé à se recoucher pour quelques heures de plus. En espérant que sa gueule de bois soit passée d’ici là. L’espoir fait vivre, après tout, ou connerie du genre.

Évidemment, sinon c’est pas drôle, le sommeil tarde à venir, et Jace a donc amplement le temps de lister les quelques souvenirs qu’il a de la veille. Cela avait commencé à peu près bien, aussi surprenant soit-il lorsqu’on connaît les deux crétins partageant l’appartement. Mais « à peu près bien » n’avait pas duré longtemps, et il n’avait fallu qu’une réplique de travers de la part de Jace (réplique dont il ne se souvient même pas, il lui est donc impossible de savoir si Emma a réagi de façon excessive ou non) pour que tout explose et qu’Emma quitte l’appartement avec une insulte de plus. Il s’était alors tourné vers l’alcool, puisqu’il ne pouvait plus la faire chier. Tout lui semble flou à partir de ce moment-là, ce qui en dit beaucoup sur la descente qu’il a dû avoir. Il se souvient de la chaine de shopping, par contre, et se met une note mentale de vérifier son compte en banque un peu plus tard dans la journée. Jace bourré a dû trouver amusant d’acheter un presse-agrume ou un aspirateur vapeur. (Non pas que ce soit déjà arrivé dans le passé, il nie ça en bloc.) Alcool et mauvaise télévision, ce qui a fini par l’amener dans le lit d’Emma. « Pathétique » semble bien faible, comme mot.

Il est réveillé en un sursaut, yeux parcourant frénétiquement la pièce à la recherche du danger alors qu’un grognement s’échappe de ses lèvres lorsque son mal de crâne revient le hanter. On dirait sérieusement que des Oompa Loompas ont décidé de jouer du tambour dans son cerveau, ce qui n’est pas des plus agréables. Rhum, il a dû boire du rhum cette nuit, pour finir dans un état pareil. Ce qui est étrange, parce qu’il ne se souvenait même plus avoir du rhum dans les placards. Est-il sorti hier soir, au final ? Bordel, il en sait strictement rien, en fait, ce qui est un bon indice sur la quantité d’alcool ingurgité. Il aurait presque pitié de lui-même, pour le coup.

Enfin, la sensation est bien vite oubliée quand il entend son prénom. Ah, voilà ce qui l’a réveillé. Emma criant comme un putois. Évidemment. Parce que ce n’est pas drôle, sinon. Parce qu’elle lui a déjà ruiné sa soirée de Nouvel An (il mentirait s’il n’avait pas espéré un baiser à minuit, suivi d’activités bien plus amusantes. (il n’est qu’un homme, après tout), alors évidemment qu’elle va aussi venir le faire chier le premier janvier. Commencer l’année du bon pied, tout ça.

Non sans difficulté (et sans manquer de tomber du lit, parce qu’il n’a absolument aucune coordination quand il se réveille), Jace arrive à s’asseoir sur le bord du matelas, puis à se lever avec un grognement de plus. En mode ours des cavernes, aujourd’hui, donc. Il s’approche lentement de la cuisine, et s’adosse à l’embrassure de la porte quand il arrive finalement à son but. « J’espère que quelqu’un est mort, sinon je risque de commettre un meurtre. »

Il pense à peine à l’image qu’il doit donner, avec sa gueule de déterré et ses cheveux partant dans tous les sens alors qu’il ne porte qu’un boxer. Café, il a besoin de café. Et qu’Emma ferme sa gueule pendant ne serait-ce que cinq minutes, parce qu’il a à peu près aucune patience pour la discussion qui va suivre et les excuses bidons qu’il devra donner pour leur dispute de la veille. Alors il se concentre sur la machine à café, parce qu’il va avoir besoin de litres et litres s’il veut survivre les quelques heures passées derrière le comptoir de son bar ce soir. Ce n’est que quand la cafetière est en route qu’il décide finalement à se tourner vers Emma et…

Et il éclate de rire. Parce que franchement, si lui est en mode zombie, chez Emma c’est carrément Bagdad. Ce qui fait Jace se sentir mieux à propos de lui-même et de sa soirée, s’il est honnête, ce qui le fait immédiatement se sentir mal pour se moquer aussi ouvertement d’elle mais… mais merde, elle n’avait qu’à pas monter sur ses grands chevaux comme ça. Il est sensé être le petit bourge arrogant, pas elle. « T’as passé une bonne soirée ? » continue-t-il sur sa lancée, avec un petit rire moqueur de plus, parce qu’on n’est plus à cela près à ce niveau-là. Et il espère vraiment que la soirée d’Emma était aussi pourrie que la sienne, une sorte de petite vengeance personnelle – espère vraiment qu’elle regrette d’être partie, qu’elle regrette la soirée qu’ils auraient eu ensemble sinon. Et tant pis si cela semble mesquin. Ils ne sont plus à cela près, de toutes façons.

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    You deserve someone who loves you with every single beat of his heart, someone who thinks about you constantly, someone who spends every minute of every day just wondering what you’re doing, where you are, who you’re with and if you’re OK. You need someone who can help you reach your dreams and who can protect you from your fears. You need someone who will treat you with respect, love every part of you, especially your flaws. You should be with someone who can make you happy, really happy, dancing-on-air happy.
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Emma Montgomery
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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Mer 14 Jan - 1:24

Si on lui avait demandé, elle aurait sans nul doute nié, pour des raisons évidentes, mais Emma fut presque soulagée de le voir apparaître dans la cuisine, une bonne minute après l’avoir appelé. Presque. Il était là et il avait tout du mec qui sortait tout juste du lit — ce qui était probablement le cas — avec sa tignasse en pétard et les plis des draps imprimés sur l’une de ses joues. Cute. Eurgh, no, not cute. Elle ne s’aventurerait pas sur ce chemin-là. Pas maintenant. Pas alors que son crâne menaçait d’exploser au moindre petit bruit. Elle détourna le regard, sourcils froncés et mâchoire crispée. Une nouvelle année appelait à de nouvelles résolutions, d’après ce qu’elle avait entendu. De bonnes résolutions. Elle commencerait par arrêter de s’attarder sur tous ces petits détails qui lui sautaient aux yeux chaque fois qu’il lui passait sous le nez. Ça s’annonçait difficile, surtout lorsqu’il lui prenait l’envie de se balader en sous-vêtement. Mais elle ne regarderait pas. Même pas un tout petit peu. Avec la chance qu’elle avait, il la prendrait sur le vif et elle n’aurait pas fini d’en entendre parler, même s’il paraissait plutôt de mauvais poil, pour changer. Elle ravala la réplique cinglante qui lui montait aux lèvres, autant parce qu’elle avait réalisé, en l’appelant, qu’elle entendait sa propre voix encore plus fort qu’à l’ordinaire et dieu que c’était désagréable, que parce que ça ne mènerait à rien de bon. Il allait se moquer d’elle encore une fois, elle finirait par l’insulter, les portes allaient claquer alors qu’elle ne rêvait que de tranquillité. « Je voulais juste savoir où t’étais » répondit-elle, le nez dans son verre. Le “et avec qui” resta coincée dans sa gorge et elle préféra l’y laisser. Ça valait mieux.

Lorsqu’il passa devant elle pour rejoindre l’autre bout de la pièce et la machine à café qui hantait très certainement ses nuits — ça ne serait pas vraiment une surprise — elle recula instinctivement, se serrant un peu plus contre le plan de travail. Elle ne le regarderait pas et elle ne le toucherait pas non plus. Voilà de bonnes résolutions. Supprimer les regrettables — et régulières — douches communes et autres multiples baptêmes des meubles et surfaces en tout genre pouvait être la solution à tous leurs problèmes. Well, non, pas tous évidemment, il resterait encore ce stupide mariage et leurs alliances qui prenaient très certainement la poussière dans un coin de l’appartement. La sienne, Emma ne la portait pas. C’était peut-être arrivé une fois, pour essayer, pour voir l’effet que ça faisait. Une fois, pas deux.

Son grand éclat de rire la fit sursauter et malgré elle, Emma tourna la tête dans sa direction. Était-il… oui, il était bel et bien en train de se foutre de sa gueule. L’enfoiré. Oh, il pouvait se moquer, avec son air pas frais et son regard vitreux. Oui mais il pouvait se moquer, en effet, monsieur Tout-me-va-comme-un-gant-surtout-mes-sous-vêtements. Eurgh. « Ferme-la » grogna-t-elle avec humeur. En plus d’être odieux, il était beaucoup trop bruyant et ça, même son joli petit derrière ne pouvait le rattraper. Et pourtant elle éprouvait une tendresse toute particulière pour ses fesses. C’était d’ailleurs la seule chose qu’elle reconnaissait, de son propre chef, apprécier chez lui. La fille qu’il avait rencontré à Vegas n’aurait certainement pas dit la même chose mais ça aussi, elle préférait ne pas trop y penser. La méthode de l’autruche avait très bien fonctionné pour elle jusque-là, pour tout, alors elle entendait continuer et ne pas réfléchir à cette facilité qu’il avait de la faire sortir de ses gonds, ni à ce petit soubresaut dans son ventre quand il lui adressait ce rictus moqueur qui annonçait une vacherie.

Celui-là, exactement. Méfiante, Emma eut presque envie de reculer, de se coller au meuble derrière elle jusqu’à en faire partie, avant de se fendre à son tour d’un ricanement bref. Quoi, il voulait comparer leurs soirées respectives ? Ils auraient presque pu le passer ensemble ce Nouvel An, s’il n’avait pas encore fait des siennes. C’était de sa faute après tout. Espérait-il qu’elle ait passé la nuit à errer dans New York en sanglotant sur son sort ? La fête de Sam n’était peut-être pas la plus mémorable à laquelle Emma ait participé — ceci dit, l’absence de souvenirs nets s’expliquait aussi facilement que sa gueule de bois — mais elle ne lui ferait pas le plaisir de le lui dire. « Oui… oui. Excellente soirée » répondit-elle, un peu plus enthousiaste qu’elle ne l’aurait voulu. Ça sonnait faux, faux, faux. Eurgh. Pourquoi n’arrivait-elle jamais à mentir correctement quand il le fallait ? « Mouvementée. Mais excellente, vraiment excellente » Oui, non, répéter la même chose n’était décidément pas la chose à faire pour être convaincante. « Je devrais te remercier en fait. Sans toi et ta sale habitude de vouloir toujours tout commenter, je n’aurais pas passé une aussi bonne soirée » C’était un peu trop acerbe, plus qu’elle ne l’aurait voulu en tout cas. Comme si c’était sorti tout seul. Pourtant, elle ne lui en voulait plus. Pas pour ce qu’il avait dit en tout cas. Elle était quasiment certaine que ce n’était pas grand-chose. La preuve, ça ne l’avait pas marqué au point de survivre à tout l’alcool ingurgité. Ce n’était pas ça le problème. Emma ne savait pas où était le problème. Elle se contenta donc de lui adresser un grand sourire, le sourire le plus large, le plus charmant dont elle était capable, même si à coup sûr ses yeux ne suivaient pas le mouvement.


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Jace Grant

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Dim 18 Jan - 19:38

Jace est à peu près sur qu’il voit flou, et il ne sait pas si doit mettre ça sur le compte de l’alcool ou de la fatigue (un peu des deux, sans doute). Alors il cligne des yeux, une ou deux fois, espérant que la HD revienne alors qu’il s’appuie contre le chambranle de la porte. Au moins Emma a décidé de baisser d’un ton, ce qui est un soulagement – ils ont des rapports corrects avec les voisins pour l’instant, et Jace aimerait bien que cela dure, merci beaucoup. Ce qui ne l’empêche pas de lever les yeux à la réponse d’Emma, même si le volume est plus bas – et c’est une mauvaise idée, évidemment, parce que son mal de crâne revient au galop et, bordel, pourquoi est-ce que tout est flou ? « J’étais dans ton lit, » répondit-il, l’ultime provocation quand on sait à quel point elle déteste qu’i dorme sur son matelas, petite princesse qu’elle est. Il n’ajoute pas le « sans toi » qui lui brûle les lèvres, parce qu’il a envie de passer pour un connard, pas pour un amoureux transis. Ce qu’il n’est pas, de toutes façons.

Le café n’est même plus une option à ce stade, parce qu’il ne peut pas continuer avec de pareilles pensées alors qu’Emma n’est qu’à quelques mètres de lui. L’alcool lui a toujours délié la langue, et Jace préfère cuver sa cuite dans le fond de sa tasse de café que de balancer quelque chose qu’il regretterait dans la seconde. Parce que bon, voilà, aussi merdique soit-il, leur petit arrangement est réglé au millimètre près, et il ne sera pas celui qui vient foutre tout cela en l’air parce qu’il ne tient pas l’alcool aussi bien qu’il le voudrait. (Et cela n’a rien à voir avec la rancœur qu’il tient toujours de s’être réveillé seul dans sa chambre à Las Vegas, merci beaucoup. Il a tourné la page depuis bien longtemps.) Café, donc. Et vite.

Et, vraiment, cela en dit long sur le spécimen que la seule chose à le mettre de bonne humeur après la nuit qu’il a passé est de se foutre ouvertement de la gueule d’Emma. C’est un miracle qu’ils ne se soient pas encore entretués mais, s’il continue sur cette voie, Jace n’a pas de doute qu’il pourrait finir six pieds sous terre avant la fin de la journée. Bah. Le jeu en vaut tellement la chandelle, après tout, et il ne peut que se délecter de la tête qu’Emma tire quand elle se rend compte que, oui oui, il est bel et bien en train de se moquer d’elle. Là, en plein milieu de la cuisine. Alors qu’ils cuvent tous les deux leur gueule de bois. Et qu’il ne porte qu’un boxer. (Jace aimerait dire que plus bizarre lui est déjà arrivé mais… Mais soyons honnête, cette situation est hors de contrôle depuis qu’elle a commencé, rien ne pourra jamais égaler ce niveau de mindfuck.) Il laisse échapper un rire de plus lorsqu’elle lui dit de la fermer, l’envie de répliquer un « langage ! » bien placé, dont seuls les frères et sœurs ont le secret, se faisant des plus fortes à ce moment-là. Il se force alors à lui tourner le dos à nouveau, sachant parfaitement l’image qu’il offre alors qu’il ouvre un des placards et tend le bras pour attraper une tasse sur l’une des étagères les plus hautes. Elle a beau dire ce qu’elle voudra, Jace sait parfaitement qu’ils sont en adéquation parfaite au niveau physique, et il n’hésite jamais à l’utiliser à son avantage. Il n’est qu’un homme, après tout, et elle a beau crier haut et fort qu’elle le déteste, cela ne les empêche jamais de finir dans les bras l’un de l’autre lorsque l’envie leur prend. (Et, bon, disons qu’il a toujours envie…)

Il pose la tasse sur le meuble de cuisine en attendant que le café soit près, et se met donc à fouiller joyeusement les tiroirs à la recherche du Saint Graal – lire, d’un doliprane. Il sait qu’il y en a quelque part, simplement parce qu’Ariane ne le laisserait pas vivre dans un appartement sans le minimum vital en cas d’urgence médicale. Il connaît assez sa sœur pour savoir qu’elle a dû planquer des médicaments un peu partout dans l’appartement, juste au cas où. Cela pourrait être adorable, si ce n’était pas aussi Big Brother. Enfin, Ariane, quoi. Cela permet d’ailleurs à Jace de ne pas avoir à cacher son sourire – un peu moins moqueur cette fois – alors qu’Emma en rajoute trois tonnes sur la soirée du siècle, que dit-elle, du millénaire. Les mensonges sont des plus évidents dans sa voix, et Jace trouverait cela charmant ou presque, si ce n’était pour le lit vide dans lequel il a passé sa nuit. Il sait qu’elle essaie de faire bonne figure, mais il y a quelque chose d’à la fois triste et rassurant à l’idée qu’elle ait passé une soirée aussi nulle que la sienne. Et, il maintient, ce nouvel an aurait été bien plus intéressant s’ils l’avaient passé ensemble, si elle n’avait pas été susceptible. Détails, détails.

Lorsqu’il trouve finalement les médicaments, c’est avec un soupir de soulagement, et Jace n’hésite pas avant d’en fourrer deux dans sa bouche et de les avaler directement. Au moins une demi-heure avant qu’ils fassent vraiment effet, mais le café compensera en attendant. Et puis il commence enfin à voir net, il y a du progrès. Il se retourne alors vers Emma, et s’approche d’elle, si ce n’est que pour lui fourrer la bouteille de cachets dans la main – elle en a autant besoin que lui, après tout. Et puis, connard en chef oblige, Jace ne peut s’empêcher d’approcher un peu plus, jusqu’à lui murmurer dans l’oreille. « Tu aurais passé une bien meilleure soirée avec moi, et tu le sais très bien. » Pourquoi se voiler la face, après tout ? Il aurait passé une bien meilleure soirée avec elle, et sait que cela ne peut être que réciproque. Et puis, parce qu’il aime faire dans la provocation inutile, « Laisse-moi te dire que c’est pas juste un baiser que tu aurais eu à minuit. »

Et puis, sans un mot de plus, il se recule et finalement, finalement, va pour se servir une tassé de café fumant, auquel il ajoute deux sucres. Ce n’est qu’une fois la première gorgée avalée (bordel, il en avait bien besoin !) qu’il regarde à nouveau Emma. Portant la tasse à ses lèvres, il lui fait un clin d’œil et ne peut s’empêcher de rire intérieurement. Ah. Ils peuvent toujours finir sous la douche ensemble, au pire.

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Lun 19 Jan - 11:38

N’aurait-elle pas été si cruellement consciente d’être éveillée — personne ne pouvait imaginé une telle migraine, même dans ses pires cauchemars — qu’Emma aurait pu penser avoir rêvé ce qu’elle venait d’entendre. Dans son lit ? Dans son lit ? Eurgh. C’était son appartement, il pouvait bien faire ce qui lui chantait mais bloody hell, pas sa chambre. C’était son havre de paix, où les mauvaises ondes diffusés par ce stupide petit sourire qu’il arborait la moitié du temps ne passaient pas. Parce qu’il n’entrait pas dans sa chambre. Il l’appelait depuis le couloir, passait éventuellement la tête dans l’entrebâillement de la porte pour lui glisser une gentillesse mais il n’entrait pas. Sauf si elle n’était pas là apparemment. Emma soupira, agacée, sans lever le nez de son verre. Au moins, il n’avait ramené personne, c’était déjà ça. Peut-être n’avait-il pas osé. Enfin, elle l’espérait. Non pas que les voeux très inspirés par l’alcool qu’ils avaient échangés à Vegas avaient une quelconque signification à ses yeux mais l’idée de devoir changer ses draps avant d’aller s’étaler sur son lit ne l’aurait guère enthousiasmé. Les draps, juste les draps. Là, ce n’était que lui alors la perspective de dormir dans son odeur le temps de se remettre sur pieds n’était pas si terrible. Elle aurait dû, pourtant. Ils avaient avoir partagé la même douche à plusieurs reprises et pas vraiment dans un élan écologiste, il leur fallait des limites, des règles, de la distance. Mais elle s’en préoccuperait plus tard, demain, une fois qu’elle serait en état de réfléchir et de faire une lessive.

Jace était, lui, suffisamment en forme pour se payer sa tête et une fois encore, elle regretta de ne pas l’avoir poussé sous les roues de ce taxi le jour où elle en avait eu l’occasion. Elle aurait sans doute pu plaider la légitime défense ou un truc du genre, il devait bien exister une ou deux lois sur les types infects comme Jace Grant dans ce pays si on parvenait légalement à la forcer à passer un an avec lui. Encore quelques mois à tenir ainsi quelques mensonges à son frère et ses parents pour éviter de venir à Oxford — hors de question de retourner en Angleterre avec le mec qu’elle avait stupidement épousé après un verre, ou six, de trop. Il fallait juste tenir un an et ils auraient leur annulation. Même un divorce lui conviendrait, au fond. Ça rendrait leur situation ô combien réelle, certes, mais ils ne seraient plus obligés de se supporter tant bien que mal. Elle perdrait l’occasion de se rincer l’oeil sur une base régulière mais après tout, il n’était pas le seul homme avec lequel Dame Nature se soit montrée généreuse, même si avec des fesses pareilles le doute était permis. Réalisant qu’elle avait déjà dérogé à sa première bonne résolution, Emma se secoua. Lui tourner le dos, comme ça, sous son nez, eurgh, il l’avait probablement fait exprès. Elle le connaissait suffisamment bien pour savoir qu’il était tout à fait conscient de l’effet qu’il avait sur elle. Physiquement en tout cas. Elle fronça les sourcils mais ne détourna pas les yeux pour autant, résistant courageusement à l’envie d’effleurer sa peau, les dents plantés dans sa lèvre inférieure. A la réflexion, ça tenait plus de l’orgueil que du courage. Le toucher là, maintenant, équivalait à admettre à haute voix qu’elle était une faible femme et qu’elle finissait toujours, à moment donné, par vouloir lui sauter dessus même lorsqu’il se montrait sous son jour le plus détestable. Après tout, elle savait, elle savait à quoi pareil contact pouvait mener et même si elle ne l’avouerait jamais devant lui, question d’orgueil encore une fois, the sex was incredible.

Elle trouva enfin le courage de tourner la tête lorsqu’il commença à ouvrir tiroir sur tiroir, une fois avoir trouvé sa tasse de café. Eurgh. Too loud, too happy. Peut-être aurait-elle dû aller directement se coucher au lieu de s’inquiéter à son sujet. Enfin, elle l’aurait trouvé dans son lit, ce qui aurait forcément précipité la discussion sur cette soirée qu’ils avaient passé chacun de leur côté. C’était de sa faute, vraiment. Alors pourquoi remettre ça sur le tapis ? Et pourquoi s’entêtait-elle à lui mentir aussi mal ? Emma avait parfois l’impression de ne pas suffisamment du sien pour le duper, comme si inconsciemment elle ne voulait pas qu’il la croie. Mais c’était exactement ce genre de raisonnement qu’elle devait éviter. Surtout un lendemain de cuite.

Un grognement envieux lui échappa lorsque Jace dégota des médicaments qu’il enfourna presque immédiatement dans sa bouche. Le soulagement et un petit rien de reconnaissance détendirent ses traits quand il déposa la boîte dans sa main. Elle aurait presque pu l’embrasser pour le coup et ne remarqua qu’une fois qu’il était trop tard à quel point il était proche, soudain. Son souffle chatouilla son oreille dégagée par le semblant de bun qu’une assistante pressée avait tenté de faire et Emma frissonna. Son corps, ce vieux traître, semblait tout à fait d’accord avec Jace et l’espace d’une seconde, elle regretta presque d’avoir pété les plombs la veille. Une seconde, juste une seconde. Le temps qu’il s’éloigne et retourne à sa précieuse caféine, l’air de rien, simplement convaincu par la véracité de son affirmation. Oh God, il était insupportable. Vraiment. Comme si elle se serait laissée entraîner à batifoler sous prétexte que c’était la nouvelle année et qu’ils étaient mariés — she would have but not the point. Posant son verre vide, elle le regarda remplir nonchalamment sa tasse et sucrer son café. Leurs yeux se croisèrent à nouveau et il semblait si sûr de lui qu’elle ne résista pas à l’envie de répliquer, ne serait-ce que par principe. « Et j’imagine que j’aurais dû ensuite me montrer reconnaissante parce que Jace Grant dans sa grande mansuétude aurait décidé de me sauter contre le mur du salon pour Nouvel An ? Wow, j’ai manqué la soirée du siècle en effet » Elle savait que ce n’était pas vrai, il n’était pas comme ça. Enfin, si, un peu mais Emma avait jusqu’à présent trouvé ça plus excitant qu’agaçant. La confiance en soi avait quelque chose d’attirant et ça lui allait bien, c’était indéniable. C’était elle qui n’était pas disposée à le reconnaître aujourd’hui.

Malhabile, elle mit une bonne quinzaine de secondes avant de parvenir à ouvrir la boîte de médicaments si gracieusement offerte par Jace et en sortit deux puis, après un instant de réflexion, trois. Il fallait bien ça pour éradiquer son mal de crâne. A son tour, elle traversa la pièce et lui arracha presque sa tasse des mains. Elle n’aimait pas spécialement le café, pas vraiment mais c’était l’un des seuls moyens d’agacer Grant, du moins l’un des seuls qu’elle avait trouvé. Elle frémit, stupidement pas préparée à la température de la boisson, et le lui rendit, sans sourire. « Et franchement, reprit-elle avant d’avoir eu le temps de réfléchir à ce qu’elle faisait, rien ne prouve que je t’aurais laissé m’embrasser » Ça non plus, ça n’était pas tout à fait vrai. Il pouvait lui taper sur les nerfs, elle pouvait répliquer, taper du pied et vouloir lui balancer la télécommande au visage, le sourire qui attirait sa bouche à la sienne était devenu presque inévitable. Emma baissa les yeux et déglutit avec un peu plus de difficultés qu’elle ne l’aurait imaginé. Nope, not happening. Elle ne céderait pas, pas cette fois.

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Sam 24 Jan - 14:48

Jace ne sait pas pourquoi il lui avait semblé si vital, dans son état d’ébriété bien avancé, de s’endormir dans le lit d’Emma plutôt que dans le sien. Cela avait semblé de la plus grande importance, à ce moment-là, même si cela n’a jamais été son genre jusqu’à maintenant. Il a beau se donner des grands airs et bomber le torse pour emmerde Emma, il a toujours respecté cette règle imposée. Chambre = hors limites. Et vraiment, il comprend l’idée, se souvient de Ariane lorsqu’elle était encore adolescente et qu’elle avait besoin de temps pour elle sans qu’il ne la suive partout comme le bon jumeau qu’il était. Il n’est pas aussi homme des cavernes qu’il n’y paraît, il comprendre le besoin d’avoir un endroit pour soi, vraiment.

Alors non, il ne s’explique pas ce besoin de dormir dans le lit d’Emma. Ou, plutôt, ne veut pas se l’expliquer, parce qu’il sait parfaitement le bordel que cela serait s’il venait à analyser un peu trop ses actions et pensées lorsqu’il ne se force pas à la détester. Mieux vaut se dire qu’il a fait cela pour la faire chier – et que cela a marché, qui plus est – car c’est beaucoup plus simple pour tout le monde. Enfin, surtout pour lui et ses sentiments, mais détails. Sentiments qui n’existent pas, évidemment. Quelle idée de penser le contraire, franchement. Lui ? Avoir des sentiments pour Emma ? Quelle idée !

Et ce n’est également pas à cause de ces sentiments (inexistants, rappelons-le) qu’il lui donne la boite de médicaments après en avoir avalé sa dose. C’est simplement par compassion, parce qu’il a été bien éduqué et qu’il possède donc le minimum vital de politesse. Ce n’est définitivement pas parce que cela lui fait mal au cœur de la voir aussi mal en point (même si cela reste très drôle, avouons-le franchement) ni même parce qu’il a envie qu’elle se sente mieux aussi rapidement que possible. Non, non, il fait simplement cela parce qu’il est un type bien, il aurait fait cela avec n’importe quelle autre fille. Vraiment.

Enfin, mieux valait ne pas trop y penser. Il avait enterré ce genre d’idées absurdes il y a de cela plusieurs mois, après leurs quelques jours de batifolages à Las Vegas, et ce n’était pas pour que cela ressorte maintenant, alors qu’il n’est qu’en boxer et qu’ils ont tous les deux la gueule de bois du siècle. Enfin, que cela ne ressorte pas tout court, peu importe l’endroit et la situation. Ils ont encore quelques mois à tenir, rien que quelques mois – cela ira tellement vite, avec l’emploi du temps de ministre que Jace se promène. Quelques mois et puis il pourra mettre cela derrière lui. Il pourra enfin essayer d’oublier Emma, enfin tourner la page. Il en a bien besoin.

Mais, en attendant, il est coincé avec elle et il compte bien en profiter un peu – elle donne aussi bien qu’elle reçoit, et rares sont les femmes qui arrivent aussi bien à lui tenir tête, il serait donc dommage de ne pas en profiter. Alors il sourit intérieurement alors qu’elle galère à ouvrir la bouteille de médicaments, parce qu’elle est tout simplement adorable en cet instant et qu’il n’a même pas envie de prétendre le contraire. Sourire qui ne fait que de s’agrandir quand elle s’approche pour lui arracher sa tasse de café des mains. Typiquement Emma, et Jace grogne pour la forme, pour cacher à quel point cela l’amuse de la voir essayer de l’emmerder autant que possible malgré son état et le fait qu’elle ait besoin d’au moins douze heures de sommeil. Priorités, et tout ça. « Contre un mur ? Tu me prends pour qui franchement ? On aurait fait ça dans un lit, pour marquer la nouvelle année. » Bon, okay, ils l’ont déjà fait contre un mur. Plus d’une fois. Mais ce n’est pas une raison. Il peut se montrer très gentleman quand il veut, et il aurait donc fait des efforts cette fois, pour marquer le coup en effet, et parce que c’est plus confortable. Non pas parce qu’il en avait la quelconque envie, ou parce qu’il voulait prendre son temps avec elle pour une fois. Non pas parce qu’il veut plus qu’elle ne lui offre.

(Le déni lui va si bien…)

Il lève légèrement les yeux au ciel alors qu’il reprend sa tasse, et avale une gorgée de café pour montrer à quel point ce qu’elle vient de faire ne le perturbe pas – mais aussi pour cacher le rictus amusé qu’il n’arrive plus vraiment à dissimuler alors qu’elle continue de le provoquer. Qu’elle continue de le forcer à la contredire, vraiment, à ce point. Et, oh, qu’il va la contredire, et ce avec une facilité déconcertante. Il ne la connaît que trop bien, après tout. Alors il fait un pas en avant, s’approche plus encore qu’elle, et pose une main sur sa hanche pour la tirer doucement vers lui jusqu’à ce que leurs visages soit à quelques centimètres l’un de l’autre. « Oh, vraiment ? » Le jeu est bien rôdé, ils n’en sont pas à leur première partie. Il lui sourit alors qu’il pose la tasse sur le comptoir de cuisine derrière lui, sa main désormais libre se posant sur l’autre hanche d’Emma. Il se penche en avant, jusqu’à ce que leurs nez se touchent. « Je crois que tu m’aurais embrassé, et non l’inverse. » Il frotte son nez contre celui d’Emma, alors qu’une de ses mains remonte le long de son dos doucement. « Et si je t’embrassais maintenant, tu me laisserais faire ? » Il joue avec le feu, il le sait. Ce qu’ils sont en train de faire dépasse la seule dimension physique qu’était leur relation jusqu’à présent.

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Lun 26 Jan - 1:16

Il n’avait pas l’air d’attendre qu’elle le remercie, ce qui était aussi mignon qu’emmerdant parce qu’elle n’avait pas vraiment l’habitude qu’il ait ce genre d’attentions pour elle. Enfin, non, elle ne voulait pas en avoir l’habitude. Elle ne voulait pas s’habituer à trouver son après-shampoing dans les courses qu’il faisait de temps en temps ni à sentir sa main prête à lui éviter une chute lorsqu’elle sortait de la douche. Elle ne voulait pas qu’il soit gentil. Ce n’était pas bon, pas bon du tout. Alors elle ne lui dirait pas merci. Pas cette fois. Même si ça la démangeait. Dieu merci, il n’avait pas son pareil pour lui taper sur les nerfs et Emma oublia bien vite cette petite boule dans sa gorge au profit d’une soudaine et violente envie d’effacer ce sale petit sourire de son visage. Pourquoi ne pouvait-elle pas avoir le dernier mot pour une fois, juste une fois ? Il avait toujours une petite phrase pour s’en sortir, une pirouette pour retourner la situation et, damn, elle détestait ça. Elle détestait ça probablement autant qu’elle aimait ça. C’était sans doute ça qui lui avait plu, chez lui, à Vegas, cette irritante manie de répondre à chaque pique avec le même entrain, la même virulence qu’elle. Ça avait quelque chose d’excitant qu’elle ne s’expliquait pas. Il ne valait mieux pas d’ailleurs, ça pouvait compliquer les choses.

Ne pas penser, agir. Le leitmotiv de sa vie qui, en l’occurrence, était mis à rude épreuve. Elle ne pouvait pas suivre son instinct, pas avec Jace. Il passait la moitié de son temps à lui chercher des noises et si elle s’était écoutée à chaque fois, elle aurait perdu la face depuis longtemps. C’était hors de question. Alors elle agissait avec prudence, restait dans des eaux connues quand il s’agissait de réagir. Le mensonge, le café, c’était la voie de la prudence. Lever les yeux en l’entendant grogner, ça l’était déjà moins. Elle détourna vite les yeux mais ça ne l’empêcha pas de frissonner à sa petite blague. See ? Elle ne pouvait pas écouter son instinct, ni son corps mais ça n’avait rien d’étonnant. Physiquement, les choses fonctionnaient très bien. Plus que bien. Merveilleusement bien. Puis il finissait par ouvrir la bouche, exactement comme aujourd’hui. Enfin non, pas tout à fait. D’habitude, elle avait droit à une remarque sur son poids ou sur le manque d’agilité de ses doigts — un commentaire sans fondement d’ailleurs — mais cette fois c’était différent. Cette fois, ses mots avaient de l’effet. L’espace d’une bonne seconde — ou dix — elle regretta vraiment d’être partie. Il ne fallait pas. Le crétin. « Ca suffit » parvint-elle à articuler, honteuse de n’avoir pas mieux comme répartie. A croire que c’était en train de devenir une habitude. Faute de mieux, elle lui rendit son café sans toutefois s’écarter. Mauvaise idée, très mauvaise idée, ce qu’Emma réalisa trop tard. Évidemment. Toute leur situation puait le téléfilm à l’eau de rose et cette journée était encore pire. Vraiment. Il fallait qu’elle s’éloigne. Tout de suite. Avant de dire une connerie. Eurgh. Trop tard. Ne pas penser, agir, right ? Il fallait qu’elle se dégotte un nouveau credo. Vite. Conceal don’t feel peut-être, comme lui. A croire que tout glissait sur Jace Grant comme la pluie sur les plumes d’un canard. Ça aussi, c’était agaçant. Elle avait souvent la désagréable impression de ne lui faire aucun effet. C’était blessant. Pour son ego, pour son orgueil, whatever. Elle n’aimait pas ça.

Elle s’apprêtait à tourner les talons lorsqu’il attrapa sa hanche. Résistant mollement pour la forme, elle se dandina mollement jusqu’à lui, les bras ballants. Elle pouvait presque sentir le café qu’il venait d’avaler et il allait sans dire qu’elle était infiniment plus consciente de l’importance de sa hanche en l’instant présent, comme si le simple fait qu’il ait posé la main dessus put donner une quelconque signification à une partie de son corps jusque-là obscure. Eurgh. Nope, elle n’allait pas s’engager dans cette route-là. Nouvelle année, nouvelles résolutions, nouvelle détermination. Si elle le répétait assez, ça finirait peut-être par devenir vrai. Peut-être. Peut-être pas. Certainement pas en fait, réalisa-t-elle alors qu’il démontrait une fois encore qu’il la connaissait mieux qu’il ne le laissait croire. Fébrile, elle s’appliqua à respirer lentement, se focalisant sur son rythme cardiaque anormalement irrégulier plutôt que sur ces mains qui maintenaient fermement son bassin, mais elle ne put s’empêcher de relever les yeux vers lui. Il était insupportable et eurgh, ce qu’elle pouvait haïr ce sourire mais Emma ne pouvait nier que ce sourire-là parvenait à faire bondir son estomac. Elle déglutit avec difficulté, résista vaillamment à l’envie de répliquer, de dire que non, non, elle ne l’aurait pas embrassé, qu’il n’était pas aussi séduisant qu’il le croyait et qu’elle aurait préféré se taper le mec de la soirée de Sam plutôt que de coucher avec lui, mais ça n’était pas bien difficile de tout garder à l’intérieur, probablement parce que ce n’était pas bien vrai. Ses doigts trouvèrent naturellement le chemin de son ventre tandis que du nez, il caressait le sien. Ça avait un côté presque intime et elle sentit sa gorge se serrer, soudain effrayée par sa proximité. Elle ne voulait pas de ça, pas vraiment. Enfin, peut-être que si. Non. Elle n’était pas prête. Ni pour lui, ni pour un autre. Elle n’avait pas besoin qu’un mec sache exactement quel shampoing lui acheter ni comment elle préférait son thé ou qu’il lui arrivait de parler la nuit. Elle n’était pas prête pour ça, pas maintenant, pas encore et c’était pourtant en train de lui arriver. Ce mariage lui était tombé sur le coin de la gueule comme une tuile qui s’envole par jour de grands vents mais elle n’avait pas réalisé ce que ça impliquait, ni ce que ça pouvait changer. Rien, ça ne changerait rien, s’était-elle dit au début. Rien, tu parles. C’est pour ça qu’elle se retrouvait au pied du mur, devant un type qui la connaissait bien plus qu’elle n’aurait aimé l’admettre et auquel dire non s’avérait de plus en plus compliqué. Pourquoi, après tout, devrait-elle dire non, il avait raison. Par orgueil ? Elle retint son souffle, son coeur pulsant contre ses tympans et dans sa gorge. Oui, oui, oui. Elle avait envie d’hurler ce stupide petit mot mais let’s face it, elle finirait par le regretter si ça arrivait. Il ne fallait pas qu’elle s’écoute, pas avec lui.

Une seconde. Elle n’hésita qu’une seconde, le temps que ses yeux glissent des siens pour tomber sur sa bouche. Ils étaient si près l’un de l’autre qu’Emma aurait pu compter les tâches de rousseurs sur sa joue si elle avait voulu — mais ça nécessitait du temps, de la patience, ce qu’elle n’avait pas et franchement, compter ses tâches de rousseurs ? Qui faisait ça ? Pas elle, non, jamais. Une seconde de trop. Une autre pour se hisser sur la pointe des pieds et effacer le peu de distance qui subsistait entre eux. Deux secondes à peine pour passer d’un stade à un autre, de la volonté de ne pas écouter ce que lui beuglait chaque minuscule parcelle de son corps au fameux screw it dont elle avait le secret et qui lui avait déjà attiré tant d’ennuis. Que risquait-elle, si ce n’était de malmener un peu le chemisier sur lequel reposaient les mains de Jace ? Rien. Right.

Ils s’étaient déjà embrassés. Il n’y avait pas vraiment de règle à ce sujet, même si ça n’arrivait pas systématiquement. Emma se souvenait encore des baisers de Vegas, maladroits, pressés, alcoolisés surtout. Ça n’avait rien à voir et ce n’était pas le bras qu’elle avait passé autour de sa taille qui était en cause, ni la main qui tremblait au-dessus de l’élastique de son boxer. Non, c’était le rythme, l’absence de vigueur. Ils allaient plus vite d’habitude, comme s’ils avaient un but. Elle en avait toujours un avec lui : prendre son pied. Vite et bien, si possible. Seulement là, contre sa bouche, elle ignorait ce qu’elle cherchait. Une réaction, un soubresaut d’énergie. N’importe quoi, n’importe quoi pour effacer la sensation de son nez glissant contre le sien comme une caresse dont elle n’était pas certaine de vouloir.


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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Jeu 29 Jan - 21:33

Il ne s’attendait pas à ce qu’elle le fasse. Ce n’est qu’un jeu entre eux, après tout, comme un gamin tirant sur les couettes d’une fille dans la cour de récréation jusqu’à ce qu’elle réponde d’une baffe bien placée. Rien de plus qu’un jeu, à celui qui poussera l’autre à bouts en premier – que cela finisse en portes claquées ou en lit qui grince, cela n’a pas grande importance. Alors, oui, il s’attendait à ce qu’elle lui offre une réplique de plus, princesse n’embrassant pas les grenouilles, et ils seraient repartis pour un tour, pour quelques méchancetés de plus.

Mais elle s’arrête et le fixe, et Jace sait qu’elle a mordu à cet hameçon qu’il ne voulait pas tendre. Elle s’arrête et il devine facilement ce qui va suivre. Il le lit dans ses yeux, pour une seconde à peine, avant qu’elle ne se hisse sur la pointe des pieds, avant qu’elle ne capture ses lèvres dans un baiser que trop attendu.

Ils ne se sont jamais embrassés – jamais comme cela, sans rien d’autre en tête que de s’embrasser, sans se défaire en toute hâte de leurs vêtements sous l’effet de l’alcool ou du désir. Il ne s’est jamais laissé embrasser Emma comme cela, n’a jamais pris le temps de l’embrasser comme il le faut, comme il le doit. L’ironie veut que, maintenant que cela arrive enfin, il souffre d’une gueule de bois et ne porte qu’un boxer – parfois, Jace pense que le destin se fout un peu de sa gueule. Juste un peu. Non pas qu’il s’en plaigne, pas lorsqu’il s’approche un peu plus d’Emma pour effacer les quelques centimètres restant entre eux, une main pressée contre le dos de la jeune femme. Son autre main remonte doucement jusqu’à aller se perdre dans les cheveux d’Emma, agrippant les mèches brunes avec peut-être un peu trop de poigne – comme s’il a peur de la lâcher, comme s’il sait qu’elle pourrait s’enfuir s’il lui laisse l’occasion.

Il ne veut pas qu’elle s’enfuie. Il veut qu’elle reste là, contre lui, il veut l’embrasser toute la journée, ne jamais s’arrêter, ne jamais la quitter. L’espace de quelques instant, le temps d’un baiser, il s’autorise les émotions si bien oubliées, reléguées dans un coin sombre de son esprit. Alors que ses lèvres se pressent avec insistance contre celles d’Emma, il s’autorise cette ultime faiblesse – celle de s’avouer qu’il ressent plus pour elle que de l’antipathie, qu’il ressent tellement de choses pour elle qu’il n’arrive même pas à trouver les mots. Et c’est pathétique, vraiment, d’avoir à l’embrasser pour arrêter de se voiler la face, pour enfin accepter ce qu’il sait depuis le moment où il a rencontré cette petite furie brune – elle lui plait et il sait qu’il pourrait être amoureux d’elle, si elle lui donnait cette chance.

Cette pensée lui fait l’effet d’une douche froide, un frisson lui parcourant l’échine alors qu’il se recule enfin. Il garde les yeux fermés pour une seconde de plus avant de les ouvrir à nouveau, et se retient de pousser un juron, ou peut-être un soupir parce – bordel, parce que Emma, quoi. Emma, les joues en feu, les lèvres rouges et brillantes. Elle est magnifique, cela ne fait aucun doute, tellement parfaite à ses yeux qu’il a du mal à ravaler ses sentiments, à prétendre qu’ils n’existent pas. Qui pensait-il convaincre, de toutes façons, alors qu’il joue avec le feu depuis des mois, sachant très bien qu’il finirait par se brûler ?

Alors il ne peut s’empêcher de sourire, comme le grand crétin d’imbécile qu’il est, sourire et de poser sa main sur la mâchoire d’Emma, pouce caressant sa lèvre doucement. « Bonne année, » murmure-t-il dans un soupir amusé, avant de se pencher dans un autre baiser, plus rapide cette fois, lèvres s’effleurant à peine. Il a encore assez d’esprit pour savoir qu’il vient de changer quelque chose dans leur relation, sans possibilité de faire marche arrière, et qu’il ne peut donc qu’attendre la réaction d’Emma, quelle qu’elle soit. Make or break, comme dirait l’autre.

Et puis, à causes désespérées, mesures désespérées, et il n’est plus à cela près, alors il se dépêche d’ajouter, avant qu’elle ne décide de répliquer quelque chose : « Pardon pour hier. Cette nuit. Vraiment. » Parce qu’il ne voulait pas qu’elle parte, qu’il ne pouvait pas qu’elle passe la nuit dehors, sans plan ni endroit où aller, simplement parce qu’il est un peu trop con quand il s’y met, simplement parce qu’on lui a jamais appris à la fermer. Il ne veut pas qu’elle lui en veuille. Ni pour cela, ni pour le baiser, mais il se doute bien qu’elle lui en voudra de toute façon, que ce n’est qu’une histoire de quelques secondes à peine avant qu’elle ne réplique et l’envoie au tapis.

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Dim 1 Fév - 23:18

Elle comprit au moment où elle franchissait le pas — au sens propre comme au sens figuré — qu’elle aurait peut-être mieux fait de s’abstenir parce qu’il ne lui donnerait pas ce qu’elle voulait. Ses mains étaient trop douces, trop lentes sur ses hanches. Il n’y avait ni la frénésie de Vegas ni l’urgence des fois qui avaient suivi. Il manquait quelque chose mais la douceur de Jace compensait largement, ce qui n’était pas pour la rassurer. C’était précisément ce qui la faisait fuir en temps normal, l’intimité. Cette fois, elle ne pouvait guère prendre ses jambes à son cou, elle l’avait épousé. Même si elle échappait à son étreinte, il faudrait qu’elle revienne. Ça n’était pas le plus effrayant, non. Elle n’était même pas certaine de vouloir partir. C’était nouveau pour sûre, totalement inconnu aussi mais il n’y avait rien de désagréable dans ce baiser, au contraire. Eurgh. Où était passé l’enfoiré qui lui tapait sur les nerfs, le mec froid et moqueur qu’elle avait retrouvé devant un juge quelques semaines plus tôt ? Non pas qu’elle aurait préféré qu’il fasse une nouvelle fois étalage de son savoir-faire en matière de vacheries mais c’était déstabilisant. Enfin, non, c’était surtout effrayant mais si ses jambes s’étaient mises à trembler, c’était surtout parce que la fatigue se faisait sentir. Rien à voir avec la chaleur du corps collé au sien ou les doigts qu’il avait glissé dans ses cheveux.

Un peu, peut-être. Personne ne l’avait jamais embrassé comme ça, avec douceur, sans un but précis. Il ne paraissait même pas sentir son besoin d’aller plus vite ou peut-être l’ignorait-il, et elle sentit sa détermination vaciller. Soudain, Emma se demanda ce qu’elle faisait vraiment là, dans ses bras. Elle était rentrée en évitant soigneusement de penser à ce qu’il avait pu faire de sa nuit, prétendant que ça lui était bien égal, mais elle ne pouvait nier qu’apprendre qu’il était resté là, dans son lit, l’avait soulagé d’un certain poids — enfin, pas la partie où il avait annoncé avoir dormi dans son lit. Elle pouvait mettre ça sur le compte du mariage, des voeux ridicules qu’ils avaient prononcé à Vegas ou de quelconques traditions, ce qui serait probablement hypocrite puisqu’elle avait elle-même du mal à comprendre le concept de fidélité mais l’idée de devoir le partager la dérangeait un peu. Juste un peu. Toutefois ce n’était pas une inconnue rencontrée dans le bar du coin de la rue mais bien elle qu’il embrassait avec cette tendresse toute nouvelle. C’était tout à fait irrationnel mais l’idée la rasséréna. Elle soupira d’aise et laissa vagabonder sa main libre le long de son ventre, protestant presque lorsque Jace s’écarta. Elle était exténuée, sa gueule de bois était loin d’être arrangée et elle regretterait sans doute cette faiblesse demain mais il y avait quelque chose de curieusement agréable dans ce baiser, quelque chose dont il venait juste de la priver. La souffle court, Emma baissa les yeux pour mieux s’appliquer à calmer les battements vaguement irréguliers de son coeur que la main de Jace, soutenant son visage, n’arrangeait pas. Elle s’attendait presque à l’entendre tourner sa réaction en ridicule lorsqu’il caressa sa bouche du pouce. Mais non, loin de là. Elle se redressa légèrement, croisant son regard avant qu’il n’effleure ses lèvres, bien trop vite à son goût. Bonne année, vraiment ? Ça tenait plus de la plaisanterie que de la moquerie et elle se surprit à sourire, furtivement, avant d’ouvrir la bouche pour répondre.

Mais il n’avait pas fini et si son ton léger l’avait surpris, ce n’était rien à côté de ses excuses. Interdite, Emma se figea dans ses bras et l’observa un instant. Il allait éclater de rire, pas vrai ? Oui, d’ici une seconde ou deux il allait se détacher complètement d’elle et se tordre de rire parce qu’elle aurait eu l’audace de le croire. Elle fronça les sourcils, attendant sans le quitter des yeux qu’enfin il mette fin à cette petite plaisanterie. Il ne pouvait pas s’excuser, il ne s’était jamais excusé. Jamais, pas même la fois où certains mots avaient légèrement dépassé leurs pensées. Il ne s’excusait pas, elle non plus et ils se contentaient de s’adresser quelques regards noirs sans se parler pendant un jour ou deux avant de continuer leurs petites affaires là où ils les avaient laissé. Il ne pouvait pas s’excuser, c’était trop personnel. C’était complètement con, comme réflexion. Ils étaient mariés, bien sûr que c’était personnel. Mais il ne fallait pas. Dans moins d’un an, ils auraient leur annulation et ils pourraient reprendre le cours de leurs vies en prétendant que tout ça n’était jamais arrivé. En tout cas, c’était ce qu’Emma avait prévu de faire, ce qu’elle voulait ou ce qu’elle avait voulu. Non, ça ne changeait rien. Pas vrai ? Si, bien sûr que ça changeait quelque chose et ce n’était pas uniquement ses excuses qui altéraient la donne. Ce baiser n’y était pas non plus étranger.

Elle devrait être en train de paniquer, d’hyperventiler en faisant les cent pas. Elle devrait se détacher de lui, aller s’enfermer dans sa chambre et se réfugier dans son lit. Son lit qui portait très certainement son odeur. Pourquoi est-ce que ça ne la dérangeait pas, nom de Dieu ? C’était certainement la gueule de bois, oui, voilà. La migraine et les restes d’alcools de la nuit précédente ralentissaient ses réactions, il n’y avait pas d’autre explication. Elle ne pouvait décemment pas ne pas piquer une crise. C’était tout ce qu’elle avait cherchait à éviter à tout prix : l’intimité, l’engagement. Ce n’était pas pour elle. « Euh, je… on oublie, d’accord ? J’ai pas été très sympa non plus… je crois » bredouilla-t-elle, se détachant maladroitement de Jace. Incapable de supporter son regard plus longtemps, Emma baissa la tête, prenant de ne pas s’attarder sur sa bouche. Pas trop longtemps. « J’me souviens pas de toute manière et puis je suis prête à parier que c’était vraiment, vraiment très con. Qu’on a tous les deux démarré au quart de tour. Ça arrive, c’est normal, je veux dire, c’est pas comme si c’était la première fois que ça nous arrivait et de toute évidence, ce ne sera pas non plus la dernière. Malheureusement, hein. Parce que c’est loin d’être fini. Pas que je compte les jours, pas du tout mais tout ça, c’est pas, je sais pas, c’est pas réel. Pas vraiment et je... » Merveilleux, voilà qu’elle divaguait. La dernière fois que ça lui était arrivée, elle devait avoir dix-sept ans. Ou seize, peut-être. Très mature comme réaction. Elle ferma les yeux, fort, très fort, priant naïvement pour que tout, cet appartement, New York, lui, pour que ça n’ait été qu’un rêve. Un rêve étrange, pas vraiment un cauchemar mais pas vraiment un conte de fées non plus. Mais le tambour dans sa tête et surtout ses mains, calées contre elle comme si c’était leur stupide place, la ramenèrent très vite à la réalité.

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Dernière édition par Emma Montgomery le Ven 6 Fév - 22:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Mer 4 Fév - 21:48

Parfois, Jace se surprend à se demander ce qu’il se serait passé, s’ils ne s’étaient jamais rencontrés à Vegas. S’il avait décidé de draguer une autre fille ce soir-là, s’il ne l’avait pas retrouvée le lendemain, si, si, si… Ce genre de réflexions ne sert absolument à rien, évidemment, mais il ne peut s’empêcher de s’imaginer ce genre de scénarios lorsqu’il s’attarde un peu trop sur l’ultimatum que son père lui a posé.  Aurait-il continué de servir des verres dans ce bar, la vie continuant son cours comme si de rien n’était ? Sans doute, oui, et cette pensée est tellement étrange, surtout lorsqu’il se rencontre à quel point Emma a chamboulé sa vie. C’est plus qu’un mariage qu’ils doivent tenir pendant une année, après tout – c’est une nouvelle ville avec des responsabilités professionnelles nouvelles, une relation avec sa sœur qu’il reconstruit pas à pas, un avenir qu’il se voit forcé de choisir. Oui, Emma a bien foutu le bordel, au détour d’une vodka et d’une partie de jambes en l’air.

Et elle continue joyeusement sur sa lancée, sans même s’en rendre compte, alors qu’il l’embrasse comme si sa vie en dépend, comme s’il s’agit de la dernière fois. Ou peut-être de la première, comme s’il la découvrait enfin, comme s’ils n’avaient jamais fait cela avant – doux, presque timide, comme des adolescents lors de leur premier rendez-vous avant de raccompagner la demoiselle chez lui. Il se rend bien compte de l’ironie de la chose, pour lui qui a la trentaine, mais ce n’est pas comme si Jace avait une longue expérience dans le domaine du couple. Les histoires d’un soir, les plans culs réguliers, il connaît. Tout le reste ? Il est en chute libre, n’a aucune idée de ce qu’il doit faire, de ce qui vient après. Pathétique, sans doute, et il n’arrive même pas à en avoir honte parce – parce qu’embrasser Emma vaut le coup, merde.

Il lit la surprise dans ses yeux lorsqu’ils se séparent enfin, voit le sourire qu’elle a aux coins des lèvres lorsqu’il lui souhaite une bonne année – dork n’est pas vraiment un mot que l’on associe à Jace en temps normal, mais il s’en rapproche pas mal en cet instant, avec sa ligne sortie de nuit par et son grand sourire, celui avec les fossettes sur ses joues. Il est de bonne humeur, ce baiser l’a mis de bonne humeur, alors il n’y repense pas à deux fois avant de jouer à l’adorable crétin et de continuer sur sa lancée avec quelques excuses. Il ne s’excuse jamais, d’habitude, la faute à son arrogance mal placée, même s’il sait qu’il le devrait. Il sait que sa mère lui en foutrait une si elle voyait comme il traite Emma, parce que ce n’est pas ainsi qu’elle l’a éduqué. Jace ne le sait que trop bien. Alors, il s’excuse, pour une fois.

Il se rend compte de son erreur au moment où il prononce les mots, parce que le visage d’Emma se referme en un instant, ses yeux retrouvant de leur force et de leur noirceur. Oui, il a merdé, pour le coup, même s’il n’arrive pas à comprendre pourquoi. Mais bon, il ne comprend jamais grand chose quand il s’agit d’Emma, alors… Et, d’accord, il ne s’attendait pas vraiment à ce que tout soit rose et papillons et marshmallows après ce baiser, parce qu’il s’agit de la vie réelle après tout. Mais il n’aurait jamais pu s’imaginer que Emma partirait dans une tirade sans queue ni tête non plus. A-t-il droit de se sentir fier qu’un seul baiser suffise à la mettre dans tous ses états ? Sans doute pas, vu ce qu’elle est en train de lui raconter.

Il luit faut d’ailleurs toute la volonté du monde pour ne pas répondre au cas de tour, comme un gamin à qui l’on vient de refuser un bonbon. Ce « ça pourrait l’être » qui lui brule les lèvres alors qu’Emma lui rappelle que ce qu’il y a entre eux n’est pas réel. Oui. Comme s’il pouvait oublier ce genre de détail insignifiant, comme s’il pouvait passer outre le fait qu’ils vivent sous le même toit mais dorment dans des lits différents, qu’elle est sa femme sur le papier seulement, qu’elle continue son petit bout de chemin comme si de rien n’était, comme s’il n’était qu’un obstacle qu’elle aurait bientôt franchi. Franchement, comment pourrait-il oublier cela ?

Jace se détache finalement d’elle – et pourquoi lui a-t-il fallu autant de temps pour enlever sa main du corps d’Emma, il préfère ne même pas y penser – et lève les yeux au ciel comme pour se donner un peu de contenance. Un soupir, avant qu’il ne fasse un pas sur le côté, avant qu’il ne s’éloigne d’elle. « Je vais prendre une douche. Seul. » Il ne voit même pas l’intérêt de préciser cela, parce qu’il sait très bien qu’Emma ne le rejoindra pas. Pas cette fois. Elle a été claire sur ce fait, après tout, et Jace essaie de prétendre qu’il n’entend pas sa voix résonner dans son esprit. Pas réel, pas réel, pas…

Il a à peine fait quelques pas dans la bonne direction qu’il hésite – une seconde, c’est tout ce qu’il lui faut, avant de ne faire marche arrière et de ne se poster à nouveau devant Emma. « Vegas, c’était réel. » Il se sait pas pourquoi cela lui tient tellement à cœur, pourquoi il continue, encore et encore, de se raccrocher aux souvenirs de ces quelques jours passés ensemble. Sans doute parce que cela donne un semblant de légitimité à ce qui se passe entre eux maintenant, sans doute parce qu’il ne s’est toujours pas remis de ce matin, à se réveiller dans un lit vide, une chambre vide. « Tu peux dire ce que tu veux, tu peux le nier, mais ce qu’on avait à Vegas était réel, okay ? Ce mariage est merdique, cette situation est merdique mais – mais c’est pas juste du vent, c’est basé sur quelque chose qu’on avait à ce moment-là. » Et merde, pourquoi est-ce qu’il est énervé, tout à coup ? Pourquoi est-ce que cela lui semble si important, pourquoi est-ce qu’il a besoin qu’elle comprenne ? Pour les mêmes raisons qui l’ont poussé à l’embrasser. Alors il ajoute un « C’était réel » de plus, pour que cela rentre.

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Emma Montgomery
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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Sam 7 Fév - 2:53

Ça n’allait pas. Quelque chose n’allait pas et elle était incapable de mettre le doigt dessus. En temps normal, Emma aurait probablement cherché, creusé mais depuis qu’elle avait fait la connaissance de Jace, elle évitait à tout prix l’introspection. Il était beaucoup plus sûr de se laisser guider, du moins avait-elle cru. Force était d’admettre qu’elle avait merdé et royalement. Ce baiser, elle ne l’avait pas vu arrivé et d’ailleurs, comment aurait-elle pu ? Ils passaient le plus clair de leur temps à se chercher des noises comme deux gamins dans la cours de l’école, et si ça avait abouti à plusieurs douches mémorables, elle n’aurait jamais imaginé que les choses pouvaient... eh bien, changé. Parce que c’était le cas, non ? Non, il ne fallait pas. Elle ne voulait pas. Leur situation, aussi merdique fut-elle, avait finalement trouvé un certain équilibre. Ou s’était-elle fait des idées ? Emma avait pourtant eu l’impression, au début, qu’ils étaient sur la même longueur d’ondes. D’accord, ils avaient fait une bêtise et si ce n’était pas le genre de choses dont ils pouvaient être fiers, ce n’était qu’un an à faire semblant. Ils pouvaient s’amuser mais il n’y avait rien de plus. Si ? Non, non, il ne fallait pas. Ils n’étaient pas fait pour s’entendre, il réussissait sans mal à la faire sortir de ses gonds et elle saisissait la moindre occasion de le rendre dingue. Ils n’étaient pas fait pour s’entendre mais ce baiser lui avait fait plus d’effets que prévu. Pourquoi était-il si tendre tout à coup ? Comme ça, sans prévenir, alors qu’une minute plus tôt il parvenait sans peine à lui faire lever les yeux au ciel.  C’était si soudain, si léger qu’elle avait l’impression d’avoir à peine senti ses mains sur elle et forcément ça avait mal tourné.

A croire que chaque fois qu’un truc un tant soit peu agréable lui arrivait, c’était voué à l’échec. Ça avait commencé par leur rencontre. Elle était à Vegas pour une semaine entre filles, pas pour rencontrer quelqu’un et encore moins pour l’épouser mais elle était tombée sur lui et son sourire l’avait séduite. C’était simple, c’était fun mais ce n’était qu’un petit béguin passager, le genre d’histoire de vacances qu’on se raconte entre copines autour d’un mojito lorsqu’on a envie d’en faire baver une ou deux. Et finalement le type voué à rester un joyeux souvenir était devenu Jace, son mari. Elle avait vingt-cinq ans bon sang, et si sa mère à cet âge-là était déjà mariée, Emma ne comptait pas spécialement emprunté le même chemin, surtout pas avec un parfait inconnu. C’était là que les choses se corsaient une fois encore. Il n’était pas un inconnu, plus vraiment maintenant. Elle ne pourrait pas prétendre ne pas connaître le type qu’elle avait épousé, ni dans un an ni dans dix. Il ne serait jamais un souvenir de Vegas parmi tant d’autres.

Mais manifestement, elle ne le connaissait pas si bien. Bien sûr, elle savait exactement comment il aimait son café, dans quelle position il dormait — découverte qu’elle avait fait tout à fait par hasard d’ailleurs — et ce regard agacé, elle l’avait vu plus d’une fois. Lorsqu’elle lui arrachait la télécommande des mains par exemple ou quand elle lui coupait la parole. C’était l’expression qu’il affichait lorsqu’il retenait quelque chose. Emma n’aimait pas ça, pas du tout même. Elle n’appréciait pas vraiment qu’on lui cache des choses et c’était précisément ce qu’il semblait en train de faire. Il lui manquait une partie de l’histoire, un épisode ou trois, et Jace ne lui facilitait guère la tâche. Difficile de comprendre ce qui lui tombait sur le coin du nez — ou en l’occurrence, de la bouche — s’il n’en parlait pas.

Il s’écarta et l’espace d’une seconde, elle songea à le retenir. C’était idiot et ça ne lui ressemblait pas. Elle n’avait jamais vraiment compris le besoin de certaines de ses amis de rester collée à leur copain à chaque instant du temps qui passe mais aujourd’hui elle pouvait presque accepter le fait que ce soit possible. Pas pour elle, bien sûr, mais en faisant un petit effort, elle pouvait comprendre. Pas à cause de Jace, ce n’était pas lui à proprement parlé, sa présence peut-être mais pas lui. Ce n’était pas réel. Elle ne le connaissait pas si bien parce qu’elle ne le connaissait surtout pas du tout. Quelques détails hasardeux et la composition d’un café ne signifiaient rien, ils le savaient tous les deux… non ? Non, apparemment non, sinon pourquoi éprouver le besoin de s’éloigner, soudain ? Jace ne jouait pas avec elle cette fois, il ne jouait même pas contre elle, il ne jouait pas du tout. Ce type avait un sérieux problème. Et quoi, il allait la planter là, après un baiser pareil et des excuses, pour aller prendre une douche à laquelle elle ne devait pas participer ? « Jace, r- » Elle se tut en le voyant rebrousser chemin et instinctivement, elle recula d’un pas, désarçonnée par la mine sombre qu’il affichait à présent. Emma frémit en l’écoutant, ouvrant de grands yeux devant un discours si enflammé. Une bonne dizaine de secondes lui fut nécessaire pour tout enregistrer et, bouche bée, elle hésita presque avant de répondre. Une autre fille aurait pris le temps de réfléchir, d’analyser ce qu’elle venait d’entendre mais Emma n’était pas très douée pour lire entre les lignes, ni suffisamment patiente et bien trop susceptible pour encaisser sans broncher. « Est-ce que tu te fous de ma gueule ? s’exclama-t-elle avec un rire sans joie. ”Vegas, c’était réel” ? Dans quel sorte d’univers parallèle c’était réel ? Est-ce que je dois te rappeler que tu n’as même pas été foutu de me donner ton vrai nom à Vegas ? » Elle avança d’un pas, écrasant son index contre son torse, comme si pareille interaction allait l’aider à imprimer ce qu’elle criait suffisamment fort pour permettre à tous les voisins de ne pas en perdre une miette. « Ou que tu t’es pointé avec un avocat chez le juge parce que ton cher papa s’imaginait quoi, que j’allais te dépouiller ? Newsflash asshole, je ne savais même pas qui tu étais à Vegas et je me fous que ton père soit riche comme Crésus, cousin de la Reine ou éleveur de chères ! » Sa tête n'allait pas tarder à exploser et elle haletait, les joues rouges, agitée par la furieuse envie de lui administrer une ou trois paires de claques — ou de lui sauter dessus mais ce n’était pas le moment. « Tu as menti à Vegas, tu t’es fait passer pour quelqu'un d’autre ! Et en plus tu as eu l’audace de me jeter en pâture à un avocat qui aurait certainement été très heureux de m’écraser en prenant au passage les quelques économies qu’il me reste, uniquement parce que je me suis retrouvée dans ton lit au moment où ta stupide horloge biologique s’est mise en marche ! » Elle se souvenait encore de ce rendez-vous qui avait viré au cauchemar et de la honte profonde qui l’avait secouée. Et il osait lui dire que leur prétendue histoire avait un fond de vérité ? Ha, la bonne blague.

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Sam 7 Fév - 23:01

Ils sont loin d’en être à leur première dispute. On pourrait même dire qu’ils ne font que cela, se criant dessus pour n’importe quelle raison, avant de ne régler cela sur l’oreiller. (Ou dans la douche, ou contre un mur, ou… Oui, on comprend le principe.) Leur relation n’est basée que là-dessus ou presque, après tout, que sur les insultes qu’ils se balancent à la figure et les coups bas qu’ils peuvent se faire à grands renforts de sarcasmes et de sous-entendus bien placés. Ce n’est pas des plus sains, mais cela a toujours été leur truc, après tout.

Cette dispute-là est différente. Honnêtement, tout à propos de cette matinée est différent, comme si quelque chose d’important était en train de se produire, comme si leur baiser était le premier domino qui avait lancé une réaction en chaine sans précédent. Jace sentait la différence déjà, la tension dans l’air – il ne savait pas pourquoi encore, mais il arrivait facilement à deviner qu’ils ne pourraient pas revenir en arrière, qu’aujourd’hui marquait une nouvelle étape dans – dans ce truc qu’ils osaient appeler une relation. Quelque chose est en train de changer entre eux, et il ne sait pas si c’est en bien ou en mal.

(Les connaissant, un peu des deux, sans doute.)

Il y a quelque chose de presque malsain dans le plaisir qu’il prend à voir Emma reculer d’un pas lorsqu’il se plante devant elle – elle se sent menacée, bien. Tant mieux. Parce qu’il a envie d’être menaçant, tout à coup, parce qu’il en a marre de jouer au plus con avec elle. Il en a marre qu’elle le prenne pour un con, plutôt, qu’elle continue de fait de lui le méchant de cette histoire – comme s’il a demandé à être coincé avec elle, comme s’il a demandé à ce que tout cela lui arrive. Mais évidemment, ce serait mal connaître Emma que de penser qu’il pourrait réussir à lui clouer le bec, et Jace n’est donc pas surpris quand elle réplique, son temps de réaction des plus impressionnants pour la tirade qu’elle lui sort.

Et, damn, une baffe aurait fait bien moins mal que le venin qu’elle lui craque à la figure. Les yeux de Jace se durcissent alors qu’il encaisse les coups sans répliquer. Il se rend compte à quel point ils sont des inconnus l’un pour l’autre, malgré le fait qu’ils vivent sous le même toit – il n’est rien d’autre qu’un gosse de riche à ses yeux, qu’un fils à papa qui obtient tout ce qu’il souhaite en un claquement de doigts, et ce portrait est si loin de la réalité que Jace veut tout simplement éclater d’un rire hystérique. Ou hurler un peu plus fort, il n’est sait rien. Parce que c’est vraiment pathétique, à ce niveau-là. Cela fait plusieurs semaines qu’ils vivent ensemble, et elle n’est même pas capable de s’intéresser un tant soit peu à lui pour voir que quelque chose cloche dans cette image qu’elle a de lui. Aucune remise en question, aucune curiosité. Rien que la froideur d’une fille qui attend simplement d’être débarrassée de lui. Et cela fait mal, bordel, bien plus mal que cela ne devrait.

Et, bien évidemment, elle continue sur sa lancée, se fichant pas mal de savoir si Jace va finir par exploser ou non. Ce qu’il fait, quelques secondes plus tard. « Tumahimik ! » Le tagalog lui échappe sans même qu’il ne puisse s’en empêcher, bien plus naturel que l’anglais alors qu’il lui hurle de la fermer. Il sert alors la mâchoire, prend une large inspiration – s’il est assez énervé pour passer dans un autre langage, il vaut mieux qu’il se calme, et vite. Ne manquerait plus qu’il bascule vers l’espagnol encore en plus, devenant un bon gros bordel trilingue et incompréhensible. S’énerver en anglais, uniquement. « Mon cher papa ? Bordel mais tu vis dans quelle dimension pour penser ça ? Tu crois vraiment que j’aurais un job aussi pourri et un appart encore plus moisi si j’étais pété de thunes ? Tu crois que ça, » il agrémente ses paroles d’un geste du doigt, pointant tout l’appartement autour d’eux, « c’était mon quotidien avant que je débarque ici ? Newsflash bitch, je me suis fait foutre dehors quand j’avais dix-huit ans, alors tes clichés sur les fils de riche, on repassera. Mais hey, faudrait que tu t’intéresses un tant soit peu à moi pour savoir ça, n’est-ce pas ? » Il se passe une main dans les cheveux et détourne le regard l’espace d’une seconde mais – nope, maintenant que les vannes sont ouvertes, il faut que cela sorte, alors il fixe à nouveau Emma droit dans les yeux. « Et tu sais quoi ? T’agis comme si toute cette histoire était de ma faute mais c’est pas moi qui me suis barré en douce au petit matin. Si t’étais restée, on aurait pu faire jouer le délai de rétractation directement et on se serait débarrassés de cette histoire en quelques heures. Alors, vraiment, à qui la faute ? Au Grand Méchant Jace ? »

Si elle était restée, beaucoup de choses auraient été différentes entre eux, mais la fin n’en aurait été pas plus heureuse pour autant. Il espérait quoi, après tout ? Qu’elle reste avec lui ? Qu’ils tentent une relation à distance vacillante qui n’aurait mené nul part ? N’importe quoi, vraiment, Jace est assez réaliste pour savoir qu’ils se seraient quittés à la sortie du tribunal pour ne plus jamais se revoir, rien d’autre qu’un vague souvenir que l’on raconte et dont nos potes se moquent allégrement, à grand renforts de « Hey, tu te souviens quand Jace s’est mariée à une anglaise ? » Cela aurait été mieux ainsi, sans doute, probablement. Définitivement.

« T’attends quoi de moi, sérieux ? Que je fasse comme si t’existais pas ? Qu’on baise ? » Il l’attrape pas les boucles de son jeans alors, la tirant vers lui avant de ne trouver la fermeture éclair avec une facilité déconcertante. « Ouais, va-y, faisons ça. Comme ça après je peux aller bosser, et quand je rentrerais on pourra prétendre que rien ne s’est passé. Kaya kong magpanggap hindi ko na gusto mo. » Putain de tagalog.

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Dim 8 Fév - 23:31

Elle perdait le contrôle, les mots et le ressentiment coulaient sans discontinuer. Pourquoi lui en voulait-elle autant maintenant ? Elle s’était peut-être faite à l’idée de devoir passer un an en sa compagnie mais il fallait bien qu’elle admette ne pas avoir vraiment digéré ce qui s’était passé après Vegas. Pas du tout même. Mais remettre ça sur le tapis maintenant, really ? C’était de sa faute. N’aurait-il pas décidé de foutre le bordel dans l’équilibre tout relatif de leur arrangement qu’elle aurait pu être au lit à l’heure qu’il était, peut-être même avec lui, pour changer. Mais non. Il avait tout gâché. Emma savait très bien qu’elle n’arrangeait rien mais elle n’avait jamais été très conciliante. Il était trop tard pour revenir en arrière cette fois. Pas qu’elle en ait eu particulièrement envie, pas après ce qu’il avait eu le culot de balancer avec toute la franchise du mec qui s’imagine dans son bon droit. Vegas, réel ? Ben voyons. Où diable était-il allé pêcher cette idée-là ? Les seules choses un tant soit peu réelles, à Vegas, restait l’impressionnante quantité d’alcool ingurgitée et l’alliance avec laquelle elle s’était réveillée un matin. Oui, elle était plus ou moins tombée sous son charme et, oui, elle avait apprécié chaque moment passé avec lui — que le souvenir qu’elle en avait fut clair ou pas — mais ça aurait dû s’arrêter là. Au lieu de ça, elle s’était retrouvée enchaînée à un parfait inconnu. Ça, oui, c’était réel, presque trop. Qu’ils soient mariés aux yeux de la loi était suffisant, Emma n’avait pas besoin du reste et jusqu’à aujourd’hui, elle avait pensé que lui non plus.

Quelque part, elle savait qu’il finirait par réagir. Depuis que Jace avait réapparu dans sa vie, flanqué d’un avocat et de mauvaises nouvelles, elle passait son temps à tester ses limites sans pour autant s’aventurer trop loin. Lui voler son café, oui, le pousser dans ses retranchements, non. Ça restait superficiel et c’était bien mieux comme ça. S’il ne pouvait pas être l’aventure de vacances, il pouvait au moins rester le mari qu’elle ne connaissait pas vraiment. C’est en tout cas ce qu’elle se plaisait à imaginer. Mais il n’allait pas continuer à l’écouter indéfiniment, elle le savait très bien. Son regard s’était durci, il s’était raidi et avant même qu’il n’ouvre la bouche, Emma comprit qu’elle était certainement allée trop loin. Elle l’avait déjà vu énervé, elle l’avait vu agacé et las, elle avait vu tout ça parce qu’elle l’avait cherché mais jusque-là, ils étaient toujours parvenu à évacuer la tension, d’une manière ou d’une autre. Celle-ci semblait différente et elle regretta presque de s’être laissée emporter. Presque, keyword.

Sa voix claqua, sèche et Emma sursauta, peu habituée à une telle démonstration d’autorité. Si elle ne comprit pas exactement ce qu’il avait dit ni même dans quelle langue il l’avait dit, elle saisit l’essentiel et toute envie de répliquer disparut devant le muscle qui se jouait sur sa joue. Non, cette fois elle ne s’en sortirait avec une douche et quelques roulements de hanches. Cette fois il avait l’air vraiment furieux. Son estomac sembla tomber comme une pierre au fond de son ventre mais ça n’avait rien à voir avec la gueule de bois, plutôt avec, quoi, des remords ? Non. Non certainement pas. Et pourtant, si, si. Plus il grondait et plus elle se sentait mal à l’aise. A juste titre peut-être et ça n’était pas pour la rassurer. Ça, cette chose entre eux, leur mariage, était en train de devenir beaucoup trop sérieux à son goût et à présent, l’envie de prendre ses jambes à son cou était bien là. Elle ne voulait pas entendre son histoire, ce qu’il avait vécu ni où il l’avait vécu, leur mariage était suffisamment réel comme ça. Réel. Well, fuck. Et la vague note d’amertume dans sa voix l’était, elle aussi, qu’elle veuille le reconnaître ou non. Emma était peut-être une experte de la méthode de l’autruche mais fermer les yeux sur certaines choses était compliqué une fois le dos au mur. Ou au plan de travail, en l’occurrence.

Naïvement, elle imagina qu’il en avait terminé lorsque ses yeux lâchèrent les siens. Soulagée, Emma réalisa à quel point il l’avait ébranlée et pas franchement de la même manière qu’à l’ordinaire. Une môme, elle était une môme dont il rectifiait les erreurs et god, elle détestait ça. Mais Jace était manifestement loin d’en avoir fini et elle sursauta en rencontrant à nouveau son regard. Loin d’en avoir fini, l’euphémisme du siècle. Elle pouvait comprendre son besoin de corriger ce qu’elle pensait de lui mais insister sur Vegas ? Encore ? Et pour quoi, lui balancer son comportement au visage ? Elle avait paniqué, ce matin-là, purement et simplement paniqué, le genre de panique qui donne l’impression de suffoquer, le genre de panique qui fait battre la chamade aux coeurs et qui obscurcit la vue. Elle avait paniqué et personne ne pouvait la blâmer d’avoir disparu sans un mot. Personne. Même pas lui, surtout pas comme ça. Pas avec tant de virulence, pas en insistant autant sur le fait qu’elle était partie. Elle n’était plus sûre de le suivre et encore moins de ce qu’il cherchait à lui faire dire. En fait, elle était même prête à parier qu’il ne savait pas exactement ce qu’il disait lui-même. C’est ce qu’elle espérait en tout cas, parce qu’il les entraînait sur un terrain glissant. « Oh, pitié » murmura-t-elle, retrouvant un peu d’aplomb. Si elle était restée, si elle était restée, si elle était restée quoi ? Elle n’était pas restée, il était donc inutile de soulever pareille hypothèse. Comme si ce mariage était de sa faute, comme si toute cette situation était de sa faute. Elle ouvrit la bouche pour lui rafraîchir la mémoire et lui rappeler qui avait eu cette merveilleuse idée mais il lui coupa l’herbe sous le pied. C’était une sale manie chez lui et si généralement elle trouvait ça vaguement craquant, là elle l’aurait volontiers étranglé si elle en avait eu la force.

Ça dérapait, encore, mais pas comme d’habitude, si tant est qu’ils avaient vraiment des habitudes — d’ailleurs, ça tenait plutôt du schéma récurrent. Il n’y avait ni vague sous-entendu, ni regard appuyé et l’atmosphère était loin d’être aussi légère qu’à l’ordinaire. Il ne riait pas et elle ne se sentait pas désirable du tout, loin de là. Emma avait cru avoir déjà rencontré ses facettes les plus détestables mais celle-ci lui était inconnue et elle était déjà certaine de ne plus vouloir la croiser de nouveau. « Ja- » Le reste de son prénom demeura coincé dans sa gorge alors qu’il attrapait les passants de ceinture de son jean. Surprise, Emma trébucha, manquant de s’affaler contre lui, mais ça ne le perturba pas plus que ça. Joignant le geste à la parole, il abaissa sa fermeture éclair en moins de temps qu’il n’en fallait pas pour le dire, en anglais ou autrement d’ailleurs. La honte générée par sa proposition enfla, lui bloquant la gorge. Elle avait dix-sept ans à nouveau, les joues rouges et les yeux embués devant son casier tagué par Daisy Wellington. Elle avait honte, honte et un peu mal aussi. Juste un peu. « C’est quoi ton problème ? Sérieusement, c’est quoi ton putain de problème ? lâcha-t-elle, sourcils froncés, les yeux posés sur les mains qui s’agitaient sur son jean. En dehors du fait que tu sois un gros con bilingue, s’entend, et c’est de famille manifestement » Petit, certes, et classique mais son seul mécanisme de défense reposait sur l’attaque. « Tu sais quoi ? En fait, tu as tout à fait raison, je m’en fous, ne réponds pas. Continue à marmonner Dieu seul sait quoi en espagnol ou en portugais ou peu importe ce que c’est, je m’en fous. Je m’en fous » répéta-t-elle, comme si insister lourdement pouvait le convaincre. A son grand dam, sa voix tremblait légèrement et ses mains, sur son chemisier, n’étaient pas très assurées non plus. Elle fit sauter les premiers boutons sans sourciller. Pure bravade. « Sûr que tu veux la prendre seul, ta douche ? Parce que c’est tout de même terriblement pratique, tu ne trouves pas ? Tu dois te doucher, moi aussi et tu as l’air d’avoir presque autant envie de me sauter que j’en ai que tu me sautes. Et le lit conjugal, c’est surfait, pas vrai ? » Elle avait beau s'efforcer de sourire, elle avait la nette impression que sa bouche ne suivait pas le mouvement. « Oh, non, la table peut-être plutôt, non ? Non, peut-être pas, tu risques d’avoir du mal de prétendre que rien ne s’est passé la prochaine fois que tu cuisines dessus » Le cinquième bouton lui donnait du fil à retordre et elle baissa les yeux, plus fébrile que jamais. Ne plus le regarder dans les yeux lui donna le courage d’ajouter : « décide-toi, je ne voudrais pas te mettre en retard » Du sarcasme, rien que du sarcasme. Aucun ressentiment là-dedans. Nope, certainement pas. Pourquoi, de toute manière ? Parce qu'il lui avait donné l'impression d'être une pauvre fille, une fois de plus ? Non, certainement pas. Ce n'était pas le premier et il risquait fort de ne pas être le dernier, alors non, non, ça n'avait pas tant d'importance. Il n'avait pas tant d'importance — yes he did.


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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Lun 9 Fév - 22:32

Lorsqu’il était adolescent, après les événements qui avaient failli entrainé son expulsion du lycée, la mère de Jace avait voulu lui faire suivre des cours de gestion de la colère, pour ne pas que ce genre de problèmes n’arrive à nouveau. Bien évidemment, il avait refusé et, bien évidemment, il avait bastonné bien plus d’un mec après celui-là. Canaliser ses émotions est, si ce n’est impossible, très difficile – ce n’est pas pour rien qu’il va courir une heure tout les matins, dans un vain effort de se débarrasser de l’énergie qu’il n’utilisera pas pendant la journée, mais surtout pour se fatiguer un peu et donc se calmer les nerfs.

Autant dire que ses nerfs sont plus qu’à vif, maintenant, et qu’il pourrait courir de New York à Los Angeles que cela ne changerait pas grand chose. Il sent la rage bouillir en lui, comme une cocotte-minute prête à exploser – ce qui arrive, quelques instants plus tard, alors qu’il se met à crier aussi fort qu’elle. Ils sont sans doute à deux doigts d’avoir les flics à leur porte pour tapage sonore, ou parce que les voisins auront craint un meurtre. Et, connaissant Jace et Emma, ils n’auraient même pas tord de s’inquiéter. Parce qu’il a de sérieuses envies de meurtre, tout à coup. Elle l’a bien cherché, en même temps, à le pousser dans ses retranchements encore et encore jusqu’à la limite à ne pas franchir. Et elle ne l’a pas juste franchie, elle a bondie sans peur des conséquences, pauvre inconsciente.

Mais, malgré la colère qui l’emporte, malgré la furie qui le fait voir rouge tout à coup, Jace ne peut s’empêcher de penser à quel point tout ceci sonne faux. A quel point cette dispute-là est malsaine, mauvaise pour eux – ce n’est pas juste les petites remarques acerbes qu’ils se lancent à la gueule parce qu’elle a fini le shampooing ou qu’il décide de regarder une série qu’elle déteste. Non, celle-ci est personnelle, du genre coup de poing dans l’estomac. Du genre à tout faire basculer, trop dangereux, trop écorchés à vif. Jamais il n’aurait pensé parler aussi librement de son père, surtout pas avec elle – les souvenirs d’adolescence toujours brûlant sur ses lèvres, l’ultimatum d’il y a quelques semaines toujours effrayant dans son esprit. Jace ne parle jamais de lui-même, parce qu’il sait très bien qu’il est un cliché ambulant, un sale gosse de riche avec une montagne de daddy issues plus grandes que l’Everest. Mais, franchement, tout à propos de sa vie ressemble à un cliché ambulant en ce moment, à un téléfilm creux et mal-foutu que l’on regarde plutôt que de se taper une éternelle rediffusion des Experts. Alors, qui est vraiment surpris qu’il s’ouvre à Emma, qu’il lui balance son passé à la gueule, lui qui n’est même pas capable de lui demande comment était sa journée quand il rentre le soir. Pathétique, vraiment.

Tout à propos de cette matinée est pathétique – les phrases qu’ils se crachent à la gueule, le fait que, oui, il soit toujours en boxer au beau milieu de la cuisine… Son comportement, surtout. Parce que Jace a beau être un connard fini, il a tout de même ses limites. Et se faire une meuf qui n’est pas totalement consentante ? Définitivement une limite qu’il se refuse de franchir, la limite ultime. Et pourtant il est là, à déshabiller Emma sans vraiment lui demander son avis, et il s’arrête dans ses gestes, dégouté de son propre comportement. Cherche-t-il à ce point à gagner leur engueulade qu’il serait prêt à en venir à cela ? A la forcer à coucher avec lui pour prouver qu’il a raison ? Bordel, absolument pas. Mais évidemment, dans ce va-et-vient qu’est le leur, dans cette partie de tennis métaphorique, il lâche la balle pour qu’elle la rattrape quelques instants plus tard. Il s’arrête et elle commence, et Jace ne peut que braquer ses yeux sur le décolleté de la jeune femme alors qu’elle s’attaque aux boutons un à un. Les mots n’ont plus d’importance ou presque – des paroles creuses qui montrent bien qu’elle ne sait rien de lui, qu’elle ne veut rien savoir de lui, avec ses idées toutes faites et ses clichés bien rodés.

Il hésite. Pour une seconde à peine.

Et puis il s’attaque aux boutons restants, les arrachant du chemisier dans sa hâte de se débarrasser d’eux. Ils tombent au sol dans un petit bruit de plastique alors que Jace est déjà trop occupé à virer le chemisier de là, tirant sur les manches pour s’en débarrasser au plus vite. « Toi. C’est toi mon problème. » Pour plus qu’une raison, mais il se tait bien de le dire alors qu’il embrasse Emma à nouveau – ce genre de baiser bien plus familier pour eux, impitoyable dans sa violence alors que Jace franchit le dernier pas qui les sépare, agrippant les cuisses d’Emma pour la porter. La cuisine, très peu pour lui, alors il la transporte jusqu’à l’autre bout de la pièce, jusqu’à la porte par laquelle il est entré il y a de cela quelques minutes à peine, même une éternité semble s’être passée. Le trajet se fait sans encombre alors qu’il n’arrête pas le baiser, pas pour tout l’or du monde, et rapidement Emma se retrouve sur le matelas de son lit avec lui au dessus, lèvres s’attaquant désormais au cou de la jeune femme, à son épaule. « C’est très bien, le lit conjugal, » ne peut-il s’empêcher de dire, petit rappel de leur conversation (si on peut l’appeler ainsi) précédente. Il se met une note mentale de lui expliquer qu’il parler Tagalog, et d’ajouter un « Yo también hablo español », ne serait-ce que pour la faire chier un peu.

En attenant, il ne perd pas le nord et, alors qu’il continue de dessiner un suçon dans le creux du cou d’Emma, sa main cherche à tâtons le téléphone portable qu’il avait laissé sur la table de chevet dans sa précipitation à se lever. Il s’arrête donc dans ses baisers, le temps de chercher un numéro dans sa liste de contacts. Son boss répond à la deuxième sonnerie. « Je peux pas venir bosser aujourd’hui, » balance-t-il sans la moindre marque de politesse. Priorités. « Gueule de bois, huh ? » Jace va pour un petit rire et lève les yeux au ciel, « Truc du genre, ouais, » avant de raccrocher et de balancer son téléphone à l’autre bout de la pièce. Peu importe.

Bref. Priorités. Emma. Il l’embrasse une fois de plus alors qu’il retourne joyeusement s’occuper du pantalon qu’il avait abandonné jusque là. « C’est toi mon putain de problème, » ne peut-il s’empêcher de dire entre deux baisers, « toi et tes jambes dix fois trop longues et tes seins et, » un baiser de plus, « et t’en as rien à foutre. T’en as tellement rien à foutre. »

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Emma Montgomery
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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Sam 14 Fév - 19:42

Il la faisait sortir de ses gonds comme personne et ce depuis le début. A vrai dire, il parvenait à exacerber chaque émotion, chaque sensation qu’il lui inspirait avec une facilité déconcertante. Ça s’était jusque-là restreint à la colère et au désir — for obvious reasons — mais la palette s’était brusquement élargie en l’espace de quelques pauvres minutes et Emma n’aimait pas ça du tout. Ca devenait trop sérieux d’un coup. Ce n’était pas ça, le deal, ce mariage était une farce et c’était sensé rester une farce, pas se transformer en ce bordel monstre. Elle ne pouvait pas s’impliquer comme ça, ce n’était pas prévu. Elle savait, en venant s’installer ici, qu’ils s’engueuleraient, qu’il allait éveiller chez elle quantité de pulsions meurtrières mais jamais elle n’avait imaginé qu’elle se sentirait un jour aussi insignifiante, aussi cheap. Il y avait longtemps qu’elle avait cessé d’avoir honte de ses envies mais il avait réussi à la ramener à l’époque où les pétasses pompeuses du lycée lui pourrissaient la vie à coups de « traînée ! » bien placées. Sans aucun problème, sans en dire beaucoup. Juste assez pour faire trembler ses doigts et donner naissance à cette grosse boule dans sa gorge qui rendait toute inspiration vaguement compliquée.

Elle sursauta en sentant ses mains chasser les siennes et ne retint pas le cri de surprise qui lui monta aux lèvres alors qu’il perdait patience. C’était bête mais Emma avait imaginé qu’il reculerait, pas qu’il foncerait comme ça. Ce n’était pas comme ça qu’elle avait imaginé son premier janvier. Oh, elle commençait bien, cette nouvelle année, merveilleusement bien. Comment et pourquoi en étaient-ils arrivés là, elle ne savait plus vraiment et pour la première fois depuis qu’ils s’étaient rencontrés, elle n’était pas tout à fait sûre d’avoir envie de ça. De lui, oui, certainement mais pas comme ça, là, maintenant. Elle ne protesta même pas lorsque les boutons de son chemisier cédèrent, secouant simplement les bras dans un faible effort de participation. Il était hors de question qu’elle le laisse imaginer qu’elle prendrait le moindre plaisir à écarter les cuisses cette fois, puisque c’était ce qu’il imaginait. Elle faiblit un instant en l’entendant parler mais refusa de s’attarder sur le pourquoi du comment. Ça ne voulait rien dire, ça ne voulait rien dire et il y avait longtemps qu’elle aurait dû arrêter de chercher à comprendre ce qu’il avait en tête.

Sa bouche surprit la sienne et l’espace d’une seconde, elle maudit son timing exécrable. C’était ça, cette urgence, qu’elle voulait, deux ou trois minutes plus tôt. C’était plus simple, plus direct mais ça n’avait plus vraiment le même goût maintenant. Tant pis. Elle agrippa sa nuque en sentant ses mains chercher ses cuisses, repoussant les regrets une fois de plus. Elle avait voulu jouer les braves, autant aller jusqu’au bout. Elle savait très bien qu’elle ne tirerait rien de bon de tout ça mais après tout, elle aurait amplement d’y réfléchir plus tard. Presque un an, en fait.

Tremblante, elle noua ses jambes autour de sa taille et ferma les yeux, appréhendant plus que de raison le contact avec le plan de travail qui n’allait pas tarder. La veille, elle aurait trouvé ça excitant de se retrouver dans pareille position et à vrai dire, elle ne se serait pas du tout formalisé sur le manque total de classe de tout ça. Mais avant aujourd’hui, leurs disputes n’avaient jamais été aussi violentes. Emma tiqua en réalisant qu’il quittait la cuisine mais elle résista à l’envie de rompre leur baiser, peu enthousiaste à l’idée de ce qu’il pourrait lui balancer de plus à la gueule. Pourquoi réagir si vivement aux propos d’un mec qu’elle ne connaissait même pas ? D’accord, elle l’avait épousé mais ça non plus, ça ne voulait rien dire. Au départ, en tout cas, ça ne voulait rien dire. Parce qu’elle ne devait pas s’impliquer. Coucher avec Jace, oui, elle pouvait. Ça n’avait rien d’une corvée, loin de là, c’était facile, ça ne présentait guère de risques. Parler avec Jace, non, certainement pas et manifestement, hurler contre Jace était encore pire. Elle n’aurait jamais dû emménager avec lui. Jamais. C’était à ce moment-là que les emmerdes avaient vraiment commencé, c’était à ce moment-là qu’il n’avait plus seulement été son erreur de Vegas mais aussi son mari, le mec qu’elle retrouvait sous la douche en rentrant du boulot, qui l’empêchait de regarder de la télé-réalité et se foutait de sa gueule chaque fois qu’elle tentait d’engloutir un burger avec élégance. Ils ne discutaient pas, ne partageaient pas grand-chose mais le simple fait qu’elle n’ait fréquenté personne d’autre depuis un bon moment était éloquent. Elle était impliquée, plongée jusqu’au cou dans ce sombre bordel. Oh merde.

Elle prit conscience du ridicule de pareille épiphanie en heurtant le matelas mais elle ne chercha pas à comprendre pourquoi ni comment elle avait pu laisser ça arriver. Difficile de penser à quoi que ce soit d’autre que Jace, Jace, Jace. Jace qui était partout, tout à coup. Contre son cou, contre son épaule, contre sa peau et elle avait grand peine à se rappeler de la honte qu’il avait fait naître chez elle moins de cinq minutes avant. Ses mains papillonnaient fébrilement sur ses épaules et son dos, sans but, comme si elle était perdue. Non, elle était perdue, complètement perdue et il n’aidait franchement pas. Le rire nerveux qui lui échappa ne lui ressemblait pas et Emma se mordit la lèvre, maudissant mentalement sa faiblesse momentanée. Ça allait lui coûter cher, elle le savait et elle était à peu près certaine qu’il en était conscient lui aussi. Ils ne pourraient pas revenir en arrière mais ce n’était pas exactement le plus important, là, maintenant, tout de suite. Oh god, the things he could do with his mouth. Une partie, une toute petite, minuscule partie d’elle s’indigna de se savoir marquée comme ça mais elle la fit taire, l’une de ses mains retrouvant sa nuque et ses cheveux. Presque malgré elle, Emma protesta en le sentant s’éloigner. Presque, keyword encore une fois. Elle était encore suffisamment lucide pour se contrôler ou c’est en tout cas ce qu’elle se plaisait à penser. Elle ne le quitta pas des yeux, haussant un sourcil devant le téléphone qu’il avait en main. Jace n’était pas exactement le genre de mecs qu’on pouvait lire comme un livre ouvert et elle ne prétendait pas comprendre le huitième de ce qu’il disait ou faisait, mais Emma n’aurait pas imaginé qu’il puisse avoir le culot de passer un coup de fil dans leur lit. Enfin, non. Dans son lit. Eurgh.

Venait-il de dire ce qu’elle pensait l’avoir entendu dire ? Sérieusement ? Elle écarquilla les yeux, incapable de dissimuler sa surprise tandis que son estomac tressautait curieusement. Il n’allait pas travailler, il n’allait pas partir aussi vite qu’elle l’avait cru dans un premier temps, il allait rester là aujourd’hui et cette nuit aussi. Ils n’avaient jamais vraiment passé de nuit ensemble, pas depuis Vegas et son petit appartement. Leurs emplois du temps étaient bien trop différents et passer toute une nuit avec Jace n’avait rien d’insignifiant. C’était la limite à ne surtout pas franchir, le truc à ne pas faire mais Emma n’arrivait plus à comprendre pourquoi ça lui avait semblé si important. Tout ce qui comptait, c’était qu’il lâche ce stupide téléphone et repose sa main là où elle était auparavant. Ou ailleurs, Emma n’était pas bien difficile, du moment que c’était sur elle que courraient ses doigts. Un ricanement vaguement moqueur lui échappa lorsqu’il se débarrassa de son portable, quelque part derrière eux, mais elle ne commenta pas, bien trop ravie qu’il reporte toute son attention sur elle. Il ne fallait pas mais elle s’occuperait de ses éventuels remords plus tard.

Ce jean devait disparaître. Vite, très vite, avant qu’elle ne s’enflamme. Maladroitement, elle souleva les hanches et se tortilla pour sortir du pantalon, agacée par la lenteur qu’un geste aussi banal prenait. Pourquoi s’était-elle habillée déjà ? Ah oui, c’était hier. Avant qu’ils ne s’engueulent. Exact. Elle eut envie de pleurer de joie, une fois libérée. Ses cuisses enserrèrent à nouveau sa taille et elle ferma les yeux, priant pour qu’il se taise. Elle pouvait toujours prétendre qu’ils ne s’étaient pas engueulés avant d’arriver là s’il restait silencieux mais Jace avait l’agaçante habitude de faire le contraire de ce qu’elle voulait, même inconsciemment. Surtout inconsciemment.

Et il avait raison, d’une certaine manière. Elle voulait qu’il ait raison, elle aurait donné beaucoup pour que ce soit le cas. Elle n’était pas sensée s’impliquer. Ça ne devait pas être réel. Mais elle ne s’était pas tapé le mec qui l’avait embrassée à minuit, la nuit dernière. Elle aurait pu. Elle aurait dû, certainement, au lieu de penser à Jace et à la façon dont il lui aurait souhaité la bonne année. Elle ouvrit les yeux, contemplant le nez couvert de tâches de rousseur qui effleurait le sien à chaque baiser. C’était réel. Elle nierait mais plus tard, quand elle en aurait la force et l’envie. Ce n’était pas le moment. Poussant contre ses hanches, elle reprit le contrôle et s’arrêta un instant pour le regarder, une main sur son ventre, incapable d’articuler un mot. Un instant, pas longtemps, une seconde, peut-être trois. Trop longtemps pour une fille qui ne voulait pas de lui et elle le savait. « Je, je... » Il était trop tard et aucune répartie, aucune plaisanterie ne lui venait aux lèvres. Elle se pencha brusquement, retrouvant sa bouche. Cette partie-là, elle pouvait gérer, réfléchir n’était pas nécessaire. Elle ne voulait pas réfléchir, surtout pas maintenant. Plus tard, peut-être et encore. Mais pas maintenant. Elle caressa sa joue d’une main, bien trop tendre, paupières closes, priant pour que ce baiser ne se termine jamais. Elle ne voulait pas réfléchir et voir leur précieux équilibre chamboulé par une flopée d’émotions, de sentiments. Non, non, pas de sentiments. Surtout pas. Ça compliquerait tout et leur situation, aussi merdique et peu ordinaire fut-elle, avait été simple jusque-là. Un an, quelques parties de jambes en l’air et voilà.

Sa main libre trouva l’élastique du boxer et elle se surprit à espérer qu’il l’arrête. Qu’il lui dise que ça ne changeait rien, que tout irait bien, qu’elle n’aurait aucun mal à reprendre le cours de sa vie lorsqu’il repartirait à Vegas. « Je peux pas » murmura-t-elle, sans très bien savoir si elle faisait écho à ses mots, à ses propres pensées ou à ce qu’ils faisaient là, dans son lit. Elle se redressa, les joues brûlantes et le souffle court. « Je peux pas, je peux pas, Jace, je- » Emma se tut, consciente qu’elle n’était pas prête à formuler tout ce qui lui passait par la tête. Ah, elles étaient belles, ses bonnes résolutions. Oubliées à la cuisine avec son chemisier et ce qui lui restait de volonté.

Elle savait pourtant ce qu’elle avait à fait. Ils n’en étaient pas à leur coup d’essai, loin de là mais leurs mouvements manquaient de la frénésie d’avant et leurs baisers, de l’insouciance de Vegas. Pourquoi l’embrasser comme s’il ne désirait qu’elle et elle seule ? Pourquoi lui donner un aperçu de ce qu’elle pouvait avoir, si elle le voulait, et le lui reprendre immédiatement en quelques piques bien placés ? « Je te déteste, j’espère que tu le sais » souffla-t-elle, l’ombre d’un sourire étirant ses lèvres. Elle n’était pas faite pour ça, pour tant de questions et de problèmes. Elle n’était pas capable de faire face à ça, surtout avec quelqu’un comme lui.

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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Lun 16 Fév - 23:12

Leur scène de ménage bascule dans un territoire bien plus familier pour Jace, alors qu’il n’a plus besoin de réfléchir autant qu’avant, alors qu’il arrête de se poser mille questions à propos de la brune lui faisant face. Non, tout disparaît lorsque ses doigts trouvent la peau d’Emma, lorsque leurs lèvres se touchent à nouveau dans un rythme effréné, un rythme qu’ils connaissent bien. On dit des hommes qu’ils pensent avec leur bite, et le propos est des plus véridiques pour Jace. Un but, et un but seulement : enlever les vêtements aussi rapidement que possible, et se diriger vers la chambre plus rapidement encore. Mieux vaut d’ailleurs pas se demander pourquoi la chambre alors que le plan de travail est juste à côté, la table à manger à deux pas à peine. Mieux vaut ne pas se poser de question – il serait incapable de trouver les réponses, de toutes façons, cerveau beaucoup moins bien irrigué par le sang maintenant.

(Il se dit, peut-être, sans doute, qu’il lui doit bien cela. Un matelas confortable.)

(Qui a dit que le romantisme était mort ?)

C’est un ballet que Jace connaît bien, une fois sur le lit – corps qui s’effleurent et se découvrent, mains qui caressent et se baladent, lèvres marquant la peau si fragile du coup alors que son cœur se met à battre plus rapidement, que ses poumons s’emballent. Certes, Jace aime le sexe, aime l’intimité d’un tel moment, même avec de parfaites inconnues mais – mais c’est différent, avec Emma. Parce qu’elle ne lui est pas inconnue, justement, parce qu’il connaît par cœur tout ce qu’elle veut, tout ce qu’elle aime. Même dans leur colère, dans leur précipitation, il y a une certaine familiarité dans l’acte, si bien répété, jusqu’à la perfection. Il connaît ses points les plus sensibles, sait où la toucher pour la faire hurler, et il aime ce pouvoir qu’il a. Non par sur elle, mais avec elle.

Alors, oui, il prendra bien une journée de congés improvisée, si cela lui permet de savourer ce moment plus longtemps au lieu d’un coup rapide contre les murs glissants de la salle de bain. Si cela lui permet de prendre son temps avec elle, pour la première fois depuis Vegas. Et ça non plus, il ne veut pas y penser, cette envie d’y passer des heures, de faire durer le plaisir autant que possible avant de prendre une pause et d’y retourner, encore et encore, jusqu’à ce qu’ils soient tous deux bien trop courbaturés pour oser espérer sortir du lit avant le lendemain matin. Rien de d’y penser, il se dit que cela doit ressembler à ça, le paradis sur terre. Ou du moins, ça s’en rapproche vachement. Ou peut-être pas en fait, mais peu importe, parce qu’Emma se tortille sous lui pour se débarrasser de son pantalon, et cela crée assez de pression et de friction sur son entrejambe pour que Jace voit blanc l’espace d’une seconde.

Jace est un peu trop excité pour son propre bien.

Et puis, sans qu’il ne puisse le prévoir vraiment, ni même s’en rendre compte, il se retrouve soudainement sur le dos – l’effet de surprise assez pour l’arrêter dans ses baisers, alors qu’il laisse tomber sa tête une le matelas, yeux écarquillés mais sourire rieur alors qu’il regarde Emma. C’est ce qu’il aime chez elle – ce besoin irrépressible d’avoir le dessus, aussi bien quand ils s’engueulent que quand ils baisent. Cela rend les choses bien plus intéressante, cet éternel besoin de dominer l’autre, et ce serait mentir que de dire que cela ne plait pas à Jace. Parce que, bordel, il adore ça. Alors il balance un petit rire, pour la forme, et écoute Emma quand elle essaie de sortir quelque chose – mais elle est aussi paumée que lui, pour le coup, et il ne peut répondre que « Oui ? » à une phrase dont il sait qu’elle restera en suspens. Un baiser de plus, qui se transforme en grognement lorsqu’il sent les doigts d’Emma glisser le long de son ventre, s’arrêter à l’élastique de son boxer. Si près du but, quelques centimètres à peine, et l’attente n’en est que pire, le besoin décuplé.

Ce qui rend la douche froide bien plus douloureuse.

Il se relève en même temps qu’elle, tellement rapidement qu’il manque de lui foutre un coup de boule dans le nez – ce qui serait des plus inappropriés, vu la situation – avant de reculer autant que possible, jusqu’à ce que son dos touche la tête de lit. « Okay – yeah. Okay. » Totalement inutile. Mais qu’il a-t-il d’autre à dire, vraiment ? Alors il lève les yeux vers le plafond, avant de ne fermer les paupières. Imagine la saloperie de club de lecture de sa mère, femmes surfaites et refaites, maquillage dégoulinant de leurs visages plastifiés, rires creux et sourires mesquins aux lèvres. Il lui suffit d’une seconde, pour casser l’ambiance direct, avec une réaction sans précédent sur son anatomie. Bien. Parfait. Exactement ce qu’il lui fallait.

Alors il sort du lit, et se force de ne pas lancer un regard de plus vers Emma, se force de ne pas questionner ses actions, ses (manques de) envies. Un non est un non, après tout, et le sien est on ne peut plus clair. Jace ramasse son pantalon, abandonné à même le sol la veille, et l’enfile aussi rapidement que possible. Pour fuir la scène du crime, pour oublier. Mais, bien évidemment qu’elle s’arrête pas en si bon chemin, qu’elle est obligée de tourner le couteau dans la plaie, et même d’y ajouter un peu de sel, pour que cela fasse bien mal. Alors il s’arrête dans ses gestes, doigts sur les boutons de son jeans. Le rire lui échappe, nerveux et brisé. « Oh, ne t’inquiète pas. Tes sentiments à mon sujet sont on ne peut plus clairs. »

Il ne cherche même pas à enfiler son t-shirt alors qu’il sort de la pièce, serrant le vêtement entre ses mains jusqu’à ce que chaque jointure devienne blanche. Il tente d’ignorer le goût amer du rejet mais en vain, évidemment, parce qu’il ne peut penser qu’à cela, parce que la petite voix dans sa tête lui rappelle joyeusement que la vie se répète et que c’était comme Vegas, mais en pire. Comme si elle t’aurait choisi. Comme si n’importe qui pouvait te choisir, regarde toi. Pathétique.

Il s’appuie contre la table à manger, yeux balayant la pièce, et il déteste ce qu’il voit. La tasse de café abandonnée à côté de l’évier, la bouteille de gélules pas très loin, la chemise au sol, et même les petits boutons brillant dans le soleil matinal. Il n’a jamais vu l’appartement aussi – bordel, comme si un couple y habitait, au lieu de simplement ressembler à un appartement témoin, trop propre et dénudé de vie, comme une parfaite reproduction d’un catalogue Ikéa. L’image le nargue dans son impossibilité, et il balance le peu de papiers trainant sur la table d’un geste sec accompagné d’un grognement. Ce qui le fait ressembler à un chaton en colère plus qu’autre chose, mais il n’a pas vraiment le courage de retourner la table. Il n’a plus le courage de rien, à vrai dire.

Je te déteste, j’espère que tu le sais. Entre lui et elle, cela fait deux à détester Jason Grant. Génial. Plus on est de fous, plus on rit.

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Emma Montgomery
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MessageSujet: Re: honey i'm home w/ jace   Ven 20 Fév - 21:58

Ils allaient droit dans le mur mais Emma n'arrivait pas vraiment — comprendre, pas du tout — à s'en soucier. Elle s'occuperait de tout ça plus tard. Peut-être. Après. Le semblant de contrôle qu'elle chercha à reprendre sur lui et leur situation en les retournant ressemblait à s'y méprendre à celui qu'elle tentait d'avoir sur sa vie — leur vie. Elle avait beau penser avoir le dessus à un moment ou à un autre, c'était lui qui continuait à mener la danse neuf fois sur dix. Avec un sourire, un petit commentaire lâché l'air de rien, il inversait la tendance et la renvoyait tout droit à Vegas et à ce manque total de volonté qui avait été le sien lorsque leurs chemins s'étaient croisés. A croire que n'ayant pu lui résister une fois, elle était condamnée à répéter ce schéma jusqu'à la fin de sa vie. Till death do us part and all that jazz. Oui, enfin, non. Ce n'était pas ça le deal. Un an, juste un an et elle retrouverait sa liberté, qu'elle ait eu ou pas l'impression d'avoir été enchaînée. Ca avait été le cas, au début en tout cas. En sortant du bureau du juge, Emma avait eu la sensation d'avoir été mise aux fers et le monde aurait pu s'écrouler sous ses pieds qu'elle n'en aurait pas été plus mal. Elle n'était pas une fervente militante contre le mariage ni l'une de ces nanas déçues par la réalité des choses après avoir été bercées de clichés romantiques durant l'enfance. Ce n'était simplement pas pour elle. En tout cas, pas au moment où elle avait rencontré Jace, ni même maintenant. Sa plus longue relation amoureuse remontait au lycée et déjà à l'époque, certaines confessions lui avaient laissé un arrière-goût d'aveux obtenus sous la contrainte, presque extorqués. Alors le mariage, qui plus est avec un mec qu'elle connaissait à peine ? Évidemment qu'elle avait eu envie de fuir, comme à Vegas, le jour où on lui avait dit qu'elle allait devoir passer un an avec lui.

Ça lui avait semblé insurmontable et, de temps à autre, ça l'était encore. Il suffisait qu'il dise ou fasse quelque chose de travers pour qu'elle se demande comment elle allait pouvoir finir cette stupide année sans être condamnée pour homicide volontaire. Mais elle avait aussi pris de mauvaises habitudes qui, certes, rendaient leur cohabitation beaucoup plus supportable mais aussi donnaient à cette grosse blague qu'était leur mariage des aspects plus vrais que nature. Coucher régulièrement avec lui n'était pas exactement sa seule bêtise. Ce n'en était même pas vraiment une en fait et personne, après avoir jeté ne serait-ce qu'un bref coup d’œil à Jace, n'aurait pu la blâmer. Ne coucher qu'avec lui, en revanche, était déjà beaucoup plus idiot. Ce n'était pas faute d'y avoir pensé ni les occasions qui manquaient mais il était le seul à avoir partagé son lit depuis qu'elle avait foulé le sol américain. Pas plus tard que la nuit dernière, elle avait eu l'opportunité d'aller voir ailleurs. C'était bien ça le problème, « aller voir aller » et toute la culpabilité qui accompagnait cette expression. Le simple fait de l'employer parlait de lui-même. Elle n'y était pas habituée et la première fois qu'elle y avait été confrontée, Emma avait mis ça sur le compte de l'alcool, ce qui avait semblé terriblement logique à l'époque et beaucoup moins maintenant. C'était agaçant de constater qu'il était même devenu une référence, au cours des quelques semaines passées ensemble. Le type qu'elle avait embrassé à minuit était trop lent, pas assez entreprenant et sa main était restée étrangement collée à sa clavicule, la touchant à peine comme s'il avait peur de la froisser, le temps qu'avait duré leur baiser. Elle n'avait pas parcouru son dos de haut en bas comme celle de Jace, ne s'était pas égarée dans ses cheveux ni sur ses fesses comme celle de Jace et ça l'avait laissée de marbre. Enfin, non, pas exactement non. Elle avait eu envie de hurler de rage en réalisant ce qu'elle attendait réellement et elle avait eu beau se démener, tenter de se convaincre que ce n'était pas si mal, tout en elle criait que le mec face à elle n'arrivait pas à la cheville de son mari. Son mari, nom de Dieu. Elle avait eu honte, un peu, elle avait regretté d'être partie, un peu aussi et elle avait sérieusement considéré de rentrer. Puis Sam lui avait collé un nouveau verre entre les mains en lui ordonnant de laisser son mari là où il était et de s'amuser un peu. Son. Mari. Nom de Dieu. Elle avait à peine vingt-cinq ans, elle avait largement le temps de rencontrer l'homme qu'elle comparerait aux autres, ceux qui l'avaient précédé comme ceux qui viendraient après. Oui, sauf que c'était arrivé et c'était foutrement angoissant.

Alors plus que l'envie de lui résister, d'avoir pour une fois le dernier mot alors qu'il affichait déjà un grand sourire, c'était sans doute la peur qui arrêta son geste lorsqu'elle atteignit finalement son boxer. La peur du changement, la peur de devoir à présent exprimer des choses qui la dérangeaient et l'agaçaient autant qu'elles la terrifiaient, la peur de foutre le bordel dans leur situation déjà bien compliquée. C'était trop tard pourtant, elle l'avait entendu très clairement dire tout le bien qu'il pensait d'elle et de son comportement, et c'était suffisamment grave pour tout changer. C'était trop tard mais elle recula tout de même, incertaine, et fit l'erreur de vouloir l'expliquer. Pour ça, il aurait fallu qu'elle eut les idées claires mais la gueule de bois n'aidait pas spécialement à réfléchir et sa position non plus, d'ailleurs. Elle réprima mal un violent frisson lorsque Jace se redressa, évitant de peu un coup dans le nez qui l'aurait assurément achevée pour la journée. Peut-être aurait-elle préféré, à la réflexion, plutôt que de sentir son estomac tomber dans le trente-sixième dessous en le voyant reculer. Emma le regarda quitter son lit sans trop savoir quoi dire, parfaitement consciente qu'elle avait merdé. Curieusement, alors qu'il se rhabillait, le besoin de se couvrir à son tour se fit sentir, chose hautement inhabituelle chez Emma pour qui la pudeur était un concept étranger, à plus forte raison si Jace était dans le coin. Elle n'avait aucune raison d'être mal à l'aise, absolument aucune mais l'air s'était considérablement alourdi en quelques secondes à peine et elle avait presque froid à présent. La fatigue, sans doute. Rien à voir avec le fait qu'il n'était plus dans son lit mais à quelques pas de là, non, rien du tout. La fatigue, encore, qui se cachait derrière cette vaine tentative d'alléger l'atmosphère qu'elle regretta immédiatement en l'entendant rire. Ce n'était ni joyeux ni sincère et elle aurait peut-être tenté de revenir dessus, de reprendre ce qu'elle avait dit s'il n'avait pas choisi de répliquer, manifestement vexé. Emma aurait pu lever le prendre à la rigolade, lever les yeux au ciel et claquer la porte de sa chambre derrière lui. Elle le pouvait encore d'ailleurs, elle pouvait feindre que les mots qu'il avait choisi d'utiliser n'avaient aucune espèce d'importance. Oui mais non.

Elle n'attendit qu'une seconde pour se lever à son tour, délaissant sur le matelas le pyjama qu'elle venait d'extirper de sa taie d'oreiller. Une seconde pour se décider, le laisser aller, ne rien dire et espérer qu'ils pourraient recommencer à faire comme si de rien n'était, ou tirer les choses au clair immédiatement, à défaut de tirer son coup. Elle s'arrêta dans l'embrasure de la cuisine, grimaçant devant le désordre. Elle allait devoir balayer pour ramasser tous ces maudits boutons. Ah, quelle riche idée il avait eu là, en lui arrachant son chemisier ! Vaguement agacée, Emma dût fournir un gros effort pour ne rien dire, pas tout de suite en tout cas. Plus tard. Peut-être. Elle haussa les sourcils quand, a priori sans autre raison que les quelques mots qu'ils venaient d'échanger, il balaya la table d'une main, en grognant. Quelques papiers, factures diverses et relevés de compte tant appréciés, tombèrent sur le sol dans un léger froissement de feuilles. « Tu as fini ? » marmonna-t-elle en lui jetant un regard peu amène. Elle ne résista pas plus longtemps au besoin de ramasser qu'il avait envoyé valser. Dieu qu'elle se sentait vieille en disant ça. Non, pire, elle était en train de devenir sa mère. Si tant est que sa mère se soit déjà retrouvée en sous-vêtements dans leur petite cuisine d'Oxford pour faire du rangement. Emma préférait ne pas y penser. Ce n'était d'ailleurs pas le sujet et il n'était de toute manière plus question de reculer encore. Elle avait l'impression que son cœur était remonté dans sa gorge sous l'effet du stress. C'était ridicule, ils étaient tous les deux adultes, ils étaient capables d'avoir une conversation sensée et mature, right ? Right. Ils n'avaient pas le choix de toute manière ou, du moins Emma tentait-elle de s'en convaincre. « Ce n'est pas clair, Jace. Rien n'est clair, absolument rien. Et je déteste ça, je n'aime pas les zones d'ombre, ça perturbe tout le monde, ça fout le bordel. Je déteste ça, je déteste ça » Comme si sa voix tremblerait moins si elle répétait plusieurs fois la même chose. Fébrile et clairement mal à l'aise, elle croisa les bras et détourna les yeux. Dieu que c'était difficile. « Je déteste ça mais je… pas toi, pas vraiment, pas comme ça » Pas tellement, même, mais not the point. Ceci dit elle n'était plus si certaine d'aller quelque part avec ce genre de phrases, pas quand ses yeux ne cessaient de s'égarer sur des mains qu'elle pouvait presque encore sentir sur sa peau. Elle ne put que remarquer la force avec laquelle il serrait les poings et avant même d'y réfléchir, Emma se redressa et croisa son regard. « Jace ? » Qu'avait-il dit déjà ? Oh, oui, qu'elle n'en avait rien à foutre. Right.

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